lundi 22 septembre 2008
Quand Sarkozy traitait les journalistes comme des chiens
Ils sont
rares les journalistes à avoir suffisamment de poids dans le slip pour
oser braver l'idiot en colère, le VRP du bling bling, le serial noceur
médiatique.
Il
en est un qui est particulièrement courageux. Déjà auteur d'un
mémorable blog qui faisait revivre tonton en le faisant écrire un blog,
il récidive avec quelques croustillantes anecdotes. Elles sont
craquantes comme des croquettes pour chien. Et vous allez comprendre
pourquoi !
Ce matin, un de mes confrères m'a narré l'anecdote suivante.
En 1995, tout jeune journaliste, il se retrouve chargé d'une importante
mission: suivre la campagne des élections municipales de
Neuilly-sur-Seine. Consciencieux, il prend rendez-vous avec le maire
sortant de la ville, qui est devenu depuis ce que vous savez, afin de
lui poser quelques petites questions relatives à sa vie, son oeuvre et
le reste. Il est invité à se rendre tel jour à telle heure à la mairie
afin de s'y entretenir avec le candidat à sa succession. Ponctuel, il
est introduit dans la place et on l'assoit face à la porte du bureau de
l'édile à l'heure dite.
Commence alors une longue attente. Dix minutes, puis quinze, puis
trente s'écoulent. Le jeune journaliste perçoit les échos d'une
activité non-identifiable derrière la porte qui donne dans le bureau du
maire. Des bruits étranges. Des petits rires.
Au bout de trois quarts d'heure, il s'enquiert de la suite des
opérations auprès d'une secrétaire. On lui répond que le maire est très
occupé et qu'il sera reçu dès que possible.
Une heure s'écoule.
Une heure et demi.
Enfin miracle, la porte s'ouvre. Le jeune journaliste est invité à
pénétrer dans le bureau. Et là, médusé, il découvre quelle activité
importante est cause du retard qui lui est imposé depuis 90 minutes. Un
enfant blond d'une dizaine d'années est occupé à ranger ses petites
voitures. Son père explique au jeune journaliste qu'il adore jouer avec
son fils Jean "aux petites voitures" (sic) et le jeune journaliste
comprend que les bruits et les rires qu'il entendait en patientant sur
sa petite chaise inconfortable n'étaient autres que les "Vroum! Vroum!"
et autres imitations du vrombissement des moteurs émis par le père et
le fils se distrayant l'un et l'autre.
Cette anecdote m'en rappelle une autre que je m'empresse de vous narrer également.
A l'époque où le RPR existait encore, un jeune journaliste de
Libération se voit offrir la couverture des activités du parti de
Jacques Chirac. L'un de ses confrères, fin connaisseur de ces affaires
l'invite à rencontrer le même maire de Neuilly, au prétexte que ce
jeune homme finira bien par jouer un rôle de premier plan un jour.
Les deux journalistes sont donc conviés à déjeuner dans les
appartements privés du maire. Ils sont accueillis là par l'élu et son
épouse de l'époque, une jeune grande dame brune un peu froide. Le maire
arrive en compagnie de son labrador. Un cuisinier et maître d'hotel
employé par la municipalité assure le service et apporte deux
gigantesques plateaux de petits fours en guise d'amuse-bouches, "Et
c'est lui qui les a faits" précise la puissance invitante. Un peu gênés
par la magnificence des plateaux, (il y a là à manger pour 25
personnes, et ils sont quatre) les deux journalistes de "Libération"
osent à peine toucher à ces canapés offerts si généreusement par leur
hôte.
La conversation sur fond de monologue traditionnel à l'époque, en
résumé "Je vais bouffer Juppé!" et "Chirac, c'est déjà fini!".
Là-dessus, l'épouse décide qu'il est temps de passer à table. On se
lève. Le maire avise alors les deux plateaux de petits fours à peine
entamés. "Ben alors? Vous n'en voulez plus?" Les deux journalistes,
toujours un peu empruntés, esquissent un petit signe de tête qui
signifie "non". "Ben c'est pas grave!" dit le maire. Il siffle alors
son chien qui arrive en courant et lui glisse sur le plancher les deux
plateaux chargés de friandises salées, gâteries que la bête s'empresse
d'engloutir bruyamment.
Le journaliste qui m'a confié cette histoire se demande encore pourquoi
ce jour là, à ce moment là, il n'a pas quitté les lieux.
Finalement,
rien n'a vraiment changé depuis. Il prend tous ceux qui ne pensent pas
comme lui pour des chiens, essaye d'attraper un maximum de pleutres par
la stratégie de la gamelle et oblige ceux qui le servent à remuer la
queue sur commande !
Commentaires
Je pense que Sarko traite tout le monde pas pareil comme des chiens !
Sarkozy en garde à vue
Un autre retour sur le passé du président sur le blog de Jean-pierre Martin
http://onsefechier-anatic6.blogspot.com/2008/09/nicolas-sarkozy-en-garde-vue.html
URGENT FAIRE SUIVRE LOI MARTIALE AUX US
http://panier-de-crabes.over-blog.com
Toute l'élégance sarkozienne dans cette histoire de petits fours teintée de "moi je"
oups
Etonnant et révélateur...
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