mercredi 25 juin 2008
Sarkozy dans les pas de Mitterrand
Le voyage de Nicolas Sarkozy en Israël s'est révélé être un festival de bonnes intentions, sous le signe de l'amitié. Mais au-delà des mots doux qui nous rappellent ceux de Mitterrand, la réalité et ses difficultés demeurent.
«Shalom… Amis… Longue vie…!» Ces mots forts d'amitié, d'engagement, prononcés par François Mitterrand à la Knesset, le 4 mars 1982, Nicolas Sarkozy les avait en tête lorsqu'il est monté hier à la tribune du Parlement israélien. Ce discours puissant, lyrique parfois, de l'ancien Président socialiste avait fait événement et pour cause : à l'époque, la revendication d'un État palestinien passait pour déplaire sur le sol de l'État hébreu. Mais elle avait été écoutée, parce que la France, avec Mitterrand, s'était rapprochée d'Israël, même si la ligne pro-arabe dominante l'avait emportée de nouveau ensuite. Avec le chef de l'État socialiste, on était loin, c'est le cas de le dire, de Valéry Giscard d'Estaing qui avait laissé cette image terrible, distanciée, méprisante, d'un Président regardant la terre promise de loin, des pays arabes, avec des jumelles. Et avec Sarkozy, on était loin aussi du clash de Chirac qui menaçait de «rentrer chez lui» si la sécurité israélienne ne le laissait pas libre de ses mouvements.
C'est cette proximité démonstrative avec l' État hébreu que Nicolas Sarkozy a voulu retrouver, proximité qui lui permettrait, croit-il, de rappeler les exigences de la paix et donc de la nécessité impérieuse de la création d'un État palestinien. A la suite royale de François Mitterrand…
Le discours sarkozyste était en tout cas construit comme l'avait été celui de l'ex-Président socialiste. Avec une première partie longue, éloquente, élogieuse, emphatique même, consacrée à la force et au rayonnement de la culture juive et de la démocratie israélienne, «une des plus authentiques du monde». L'hommage au judaïsme, à son message universel, les références laudatives aux prophètes comme aux intellectuels et savants juifs, étaient de facture toute mitterrandienne. L'ancien Président, un lettré, lui, aurait tout à fait pu citer également Spinoza ou Einstein, même si Sarkozy s'est fait un petit plaisir particulier en évoquant la mémoire de Freud, à l'heure où la communauté psychanalytico-journalistique ne cesse de vouloir coucher sur le papier son égotisme infantile, fut-il travesti en majesté !
L'affirmation répétée de son admiration pour ce pays, la revendication forte, solennelle, d'une «amitié inébranlable» reposant sur des liens culturels, économiques, scientifiques, humains. Ces mots d'avocat éloquent renvoyaient à ceux de cet autre avocat qui avait déclaré, il y a 26 ans, «qu'il était temps qu'après une trop longue absence, la France, en la personne de ses plus hauts représentants, reprit sa place auprès de vous…» Mitterrand était dans la ligne pro-Israël de la SFIO, mais il avait une admiration réelle pour l'énergie et la vitalité spirituelles de ce peuple de l'Écriture, un de ses fils d'ailleurs, Jean-Christophe Mitterrand vécut deux ans en kibboutz, et jamais l'ex-patron de l'Union de la gauche ne renia cette amitié, en dépit parfois des pressions de ses alliés et des vicissitudes de l'Histoire qui voyaient Israël s'isoler et se réfugier dans les bras des Américains.
Nicolas Sarkozy fait preuve des mêmes dispositions empathiques. De par son origine, puisque son grand-père «était juif de Salonique», même si son petit-fils répète qu'il n'est «pas juif», ce qui est vrai puisque sa mère ne l'était pas. Mais il s'est toujours trouvé en sympathie avec cette culture, avec cette religion, en particulier quand son milieu la rejetait. Et il partage aussi cette admiration à la fois pour les performances scientifiques et intellectuelles et pour la vitalité de ce pays qui tient tête au monde arabe. La résistance du petit face à la multitude hostile, son indomptable volonté, le bluffent, lui qui a fait du volontarisme son credo.
En même temps, comme Mitterrand aussi, l'actuel chef de l'État ne croit pas qu'il puisse y avoir de paix possible et durable sans création d'un État palestinien indépendant, démocratique, viable. Le rappel fut clair et net, comme l'avait été celui de l'ex-Président de gauche : la France, «amie d'Israël d'abord, se veut aussi l'amie du peuple palestinien». Et elle parlera en fraternité exigeante aux uns et autres, sans masquer jamais ce qu'elle pense juste, ni les vérités qu'il faut marteler : d'un côté la nécessité de prendre en compte l'existence du fait palestinien, de l'autre, le refus de toute complaisance envers ceux qui prônent la destruction de l'État d'Israël. La posture est classique ; on le reconnaîtra. De même que l'appel à mettre fin à la colonisation des terres palestiniennes, réclamé en vain et depuis des lustres par Washington. Mais il y avait, dans la musique des mots, quelque chose de plus revigorant, de plus marquant que ce qu'on a entendu ces dernières années. Sans que l'on puisse se faire grande illusion.
Les mots, même bien tournés, passeront, les réalités, rudes, s'imposeront.
Que pèsent les propos d'un jour face à ces difficultés incontournables ?
1) Le processus de paix est dans l'impasse.
2) Le gouvernement israélien est en difficulté.
3) Bush est en fin de course, tout dépend d'Obama ou de Mc Cain.
4) L'Europe avance elle-même de guingois.
5) La France, enfin, n'a guère d'influence et Nicolas Sarkozy lui-même vient d'essuyer un échec diplomatique retentissant avec le «non» irlandais qui le met en mauvaise posture.
L'impuissance… Certes, nous disposons d'une «arme fatale», notre «bombe B» à nous, Carla Bruni. Même, qu'elle a sorti un disque «formidable, exceptionnel, fabuleux, etc.». Je vous assure, c'est la presse unanime qui le proclame. D'ailleurs les médias israéliens l'ont hissée en «une». Du voyage de Nicolas Sarkozy, c'est elle, disent-ils, qui restera. Cruel…
mardi 24 juin 2008
Sarkozy quitte Israël dans la panique
J.GUEZ/AFP ¦ Les services de sécurité israéliens réagissent à
l'alerte de sécurité pendant
le départ de Nicolas Sarkozy à l'aéroport
Ben Gurion de Tel Aviv.
Un soldat israélien se serait suicidé, provoquant l'alerte des services
de sécurité. Il se trouvait à 100 ou 200 mètres de l'avion, dans le
périmètre de sécurité, selon lun des principaux quotidiens israélien, Haaretz.
Témoins de l'incident, deux soldates se seraient évanouies sur le tarmac.
Le Président et son épouse ont été immédiatement évacués, indemnes, par leurs gardes du corps vers leur avion.
Le Premier ministre israélien Ehoud Olmert a été emmené vers sa voiture
blindée. Après l'incident, Ehoud Olmert serait néanmons remonté dans
l'avion pour saluer le couple présidentiel.
L'avion du président français a pu décoller sans autre incident.
Israël : Sarkozy poussé dans l'avion : les images sélectionné dans Actualités & Politique et News
lundi 23 juin 2008
Le paquet fiscal de Sarkozy servait-il à éviter les expatriations ?
Alors que Nicolas Sarkozy veut classer la gastronomie hexagonale au patrimoine mondial de l'Humanité, un de ses plus grands chefs change de nationalité.
Alain Ducasse a en effet obtenu la nationalité monégasque et renonce de ce fait à la nationalité française. Il bénéficiera dorénavant de la «fiscalité douce» de Monaco, l'un de ses principaux attraits.
Une ordonnance du Prince Albert II, mise en ligne lundi dans le bulletin officiel de la Principauté, indiquait qu’ Alain Ducasse a été naturalisé monégasque et «comme tel, jouira de tous les droits et prérogatives attachés à cette qualité».
Quatorze étoiles au Michelin
La France perd ainsi l'un de ses chefs les plus prestigieux, ses restaurants ayant engrangé quatorze étoiles au Michelin. Il a été devancé seulement par Joël Robuchon, le chef le plus étoilé du monde (18 étoiles).
Fils d'agriculteur, élevé dans un petit bourg des Landes, il a commencé à travailler à seize ans après avoir claqué la porte de son lycée hôtelier.
A 51 ans, il est désormais propriétaire d'un groupe de restauration qui emploie 1.900 personnes dans le monde.
A Monaco, son restaurant le Louis XV a trois étoiles
En s’installant à Monaco, Alain Ducasse ne part pas en terre inconnue. Parmi ses établissements, le Louis XV, un restaurant qui a conquis ses trois étoiles 33 mois seulement après sa reprise.
21 restaurants au total
Au total, le groupe Ducasse compte 21 restaurants, répartis dans huit pays, quatre petits hôtels de luxe, un centre de formation professionnelle et une école de cuisine à Paris, sans compter une école de pâtisserie et une maison d'édition. Le groupe est présent en Europe (France, Monaco, Angleterre et Italie), en Asie (Japon et Hong Kong), Amérique du Nord (New York et Las Vegas) et en Afrique (île Maurice).
Et chaque jour qui passe non seulement aucune fortune ne revient au pays mais d'autres continuent à quitter le bateau France...
15 milliards d'euros du paquet fiscal partit en fumée ! Pas belle la vie ?
dimanche 22 juin 2008
Sarkozy est inefficace
La question de l'inefficacité du Président a été clairement posée en cette 59ème semaine depuis son élection.
En mai 2007, les «signes extérieurs» d'une Présidence moderne et efficace, organisée comme le directoire d'une entreprise en conquête, étaient là : un gouvernement restreint et ouvert, un Président présent et actif, une ligne d'action claire résumée en deux slogans : «travailler plus pour gagner plus» et «ensemble tout est possible».
En quelques semaines, un traité «simplifié» débloquait le fonctionnement de l'Union Européenne, le paquet fiscal devait redonner du pouvoir d'achat au plus grand nombre ; une nouvelle loi automatisait l'emprisonnement des récidivistes; Fadela Amara lançait son plan «anti-glandouille» pour la banlieue, skyblog à l'appui.
Cinquante neuf semaines plus tard, l'électeur sarkozyste peut hésiter sur le diagnostic : Nicolas Sarkozy est-il vraiment efficace ?
Nicolas Sarkozy s'est planté sur l'Europe
Nicolas Sarkozy jubilait de l'adoption au forceps du Traité «Simplifié» (262 pages et 3000 pages d'annexes !) par les gouvernements de l'Union. Un an plus tard, la ratification nécessaire du document échoue sur une plage irlandaise. «La France qui a dit non en 2005 peut comprendre que nos amis tchèques ont besoin de temps pour discuter et ce temps, il faut le leur donner : personne ne doit se sentir acculé» a déclaré sagement Sarkozy. Un traité illisible, un débat escamoté, une Commission inexistante.
Présidence Française pour l'Europe ? Des charters en commun !
Sarkozy a échoué avec Kadhafi
Sarkozy fait peu de cas des symboles nationaux. Ces derniers jours, il a invité le dictateur syrien aux cérémonies du 14 juillet. Il aurait pu méditer son échec libyen : payer le Colonel Kadhafi d'une centrale nucléaire, de quelques autres contrats commerciaux, et d'un accueil sous les ors de la République en décembre n'a pas suffit. Kadhafi se fiche de l'Union pour la Méditerranée de Nicolas Sarkozy. Il l'a refusé sans complexe et en public. A quoi sert donc cette real-politique française ?
Le gouvernement se trompe de croissance
Nicolas Sarkozy a laissé une dent sur la croissance. La polémique ne date pas d'hier. Cela fait plus de 10 mois, depuis août dernier, que les économistes en tous genres préviennent que la croissance française ne sera pas supérieure à 2%: crise financière, faiblesse du pouvoir d'achat, choc pétrolier, inflation record, immobilier en berne, les obstacles sont nombreux. Rien n'y fait. L'équipe au pouvoir se bouche les oreilles. A chaque annonce d'une prévision défavorable, Christine Lagarde se dévoue pour contester. Cette semaine, l'INSEE a prédit une croissance de 1,6% pour 2008. Dommage.
Les défiscalisations en tous genres plombent les comptes sociaux
On a appris mercredi que le déficit de la Sécurité Sociale atteindrait 8,9 milliards d'euros en 2008. Les réformes des retraites depuis 2003 n'ont rien changé. Pourquoi ? Parce qu'on retire chaque année un peu plus de financements aux régimes sociaux. Les exonérations de cotisations sociales des heures supplémentaires coutent quelques 5 milliards d'euros aux comlptes publics. Belle gestion !
Fadela Amara rame seule
Cette semaine, on reconnaîtra à Fadela Amara, comme à ses collègues, la sincérité de leur action. La secrétaire d'Etat à la Ville était parvenue à convaincre ses collègues, Président à l'appui, de lui confier un milliards d'euros pour les banlieues. Mais il s'agit que de redéploiement de fonds pour la moitié, et d'un effet de communication pour l'autre (500 millions de crédits débloqués pour le Grenelle de l'environnement). Le 20 juin, François Fillon a annoncé le "désenclavement" de 215 quartiers. On retiendra beaucoup d'objectifs, et peu d'actions nouvelles immédiates : quelques "délégués de sécurité," des policiers à la retraites reconvertis, et vingt millions d'euros pour des bus supplémentaires en Ile-de-France.
La même semaine, Rachida Dati luttait au Sénat contre un amendement socialiste prévoyant le droit de vote des immigrés aux élections locales... Et Brice Hortefeux se félicitait de l'efficacité de ses rafles - pardon, de ses éloignements- +80% d'expulsions à fin mai par rapport à la même période de 2007. Beaux messages d'intégration !
Jean-Louis Borloo rate sa vignette écologique
L'affaire du bonus/malus écologique est aussi exemplaire. Il n'a pas fallu attendre 6 mois pour constater que le dispositif coûtait très cher. Eric Woerth, ministre du budget et gardien du temple des comptes, a tiré la sonnette d'alarme. Jean-Louis Borloo, ministre du Développement Durable, s'est planté dans ses prévisions. Le dispositif devait être équilibré. Il coûte déjà 200 millions d'euros au bout de 6 mois d'exercice ! Le ministre essaie de faire durer sa mesure : il y aura des "ajustements;
Les Français commencent-ils à comprendre ?
Sans doute, puisque la popularité présidentielle stagne dans les sondages. Les Français interrogés jugent toujours le gouvernement inefficace contre la hausse des prix ou la lutte contre le chômage. Mais est-ce suffisant ? Les manifestations ne rassemblent plus grand monde, le Parti Socialiste est inaudible dans ses débats de congressiste; François Bayrou réfléchit aux élections européennes de 2009.
Confronté à l'échec de sa politique, Sarkozy consolide son pouvoir personnel: mardi 17 juin, le Président Sarkozy a confirmé la suppression de 54 000 postes dans les armées, le renforcement des moyens d'espionnage, mais surtout le rattachement des moyens de renseignement intérieur et extérieur à ... la Présidence.
Personne, ou presque, n'a réagi.
Pourquoi l'espionnage du pays a-t-il besoin de dépendre de l'Elysée ?
Je ne suis pas paranoïaque.
Juste vigilant.
Et vous ?
samedi 21 juin 2008
Nicolas Sarkozy super chef de la TV
Dans quelle république bananière vivons-nous?
Nicolas Sarkozy vient de se distinguer, à nouveau, en administrant, publiquement, une volée de bois vert au patron des programmes de France Télévisions, Patrice Duhamel, comme aucun de ses prédécesseurs à l’Elysée ne l’avait fait à ce jour? Ni Mitterrand, ni Chirac et pas même Giscard n’ont été aussi loin dans l’agression.
Lors d’une banale remise de décoration, le 17 juin dernier, le chef de l’Etat a alpagué Duhamel et lui a passé un savon, qui a laissé pantois le petit cercle d’invités qui assistaient à la scène. Tout y passé: l’incurie des chaînes publiques, leur mauvaise gestion, l’embauche de Julien Courbet…
Nicolas Sarkozy a également reproché à Duhamel ne pas avoir diffusé le récent match de football France-Italie, une rencontre que ne pouvait pas retransmettre France Télévisions, puisque les droits de ce championnat d’Europe appartiennent à TF1 et M6 ! Première bévue.
Autre salve et seconde bourde du locataire de l’Elysée: toisant Duhamel, il lui a demandé que figurent, désormais, dans les contrats signés avec les animateurs et producteurs des clauses d’audiences. Or celles-ci existent déjà depuis des années!
Indépendamment du caractère choquant et insultant de ce type d’interventions, la sortie de Nicolas Sarkozy, (dont la véhémence des propos a scandalisé l’assistance), en dit long sur le peu de cas qu’il semble faire de France Télévisions. Ainsi que de la méconnaissance totale qu’il a de ce groupe.
Et on ne peut pas dire que les cols blancs qui l’entourent et l’éclairent sur les questions audiovisuelles soient vraiment au niveau. Mal informé, mal entouré et décidé, à faire plier Patrick de Carolis et Patrice Duhamel, dont il souhaite les départs, Nicolas Sarkozy ne se maîtrise plus. Il ne se passe plus une semaine sans un clash.
L’incident est d’autant plus significatif qu’il intervient à quelques jours de la remise en grandes pompes, à l’Elysée, du rapport Copé, dont on se demande bien à quoi il va servir avec une telle toile de fond.
Quand mercredi prochain, le patron du groupe UMP à l’Assemblée franchira, avec ce qui reste de sa commission, les grilles du Château, il aura devant lui un Nicolas Sarkozy qui devrait prononcer un discours. Faut-il s’attendre à un passage au Kärcher de France Télévisions ? Ou un discours en demi-teintes, destiné à calmer le jeu, l’espace d’une cérémonie protocolaire? Face à une presse qui s’inquiète de ces intrusions à répétition, Nicolas Sarkozy, qui a fait de TF1 son pied-à-terre et de France Télévisions sa bête noire, semble être décidé à 'aller à l'affrontement. L'été sera chaud.
vendredi 20 juin 2008
Des officiers supérieurs et généraux contre le Livre blanc de la Défense
Sous le pseudonyme «Surcouf», un groupe d'officiers supérieurs et généraux des trois armées (terre, air, mer) a signé jeudi matin dans «Le Figaro» une virulente tribune pour critiquer les orientations du Livre blanc de la Défense.
Le groupe, tenu à l'anonymat, estime que cette ambitieuse réforme n’a finalement donné lieu qu’à une réduction budgétaire, sans réflexion suffisante sur le rôle géostratégique de la France.
LE TEXTE
Par le groupe «Surcouf»
18/06/2008
Les éléments de la nouvelle politique de défense qui viennent d'être rendus publics ont été, ce qui est bien normal, présentés par leurs auteurs d'une manière très encourageante. La réalité est quelque peu différente. Personne ne peut, ou ne souhaite, à l'intérieur des armées, mettre en cause les choix politiques du jour. D'abord, ils sont incontestables par nature. Ensuite, le souhait du président de la République, chef des armées, est de disposer d'un instrument militaire plus efficace pour un moindre coût ; de raisonner en termes d'efficacité et non d'équipements de prestige ; de faire preuve de réalisme quant aux menaces ; et enfin de ne se laisser arrêter par aucun a priori dogmatique. Ce souhait ne peut rencontrer que l'approbation de tous ceux qui ont fait le choix de la carrière des armes et qui ont souffert, ces dernières années, de l'immobilisme des institutions de défense. Et, dirions-nous, plus que l'approbation, le désir, avec volonté et discipline, de faire passer ce souhait dans la réalité.
La vérité oblige à dire, cependant, qu'au-delà des déclarations, la volonté présidentielle a été largement dénaturée par ceux, politiques, militaires ou personnalités qualifiées, qui avaient la charge de la mettre en œuvre. Voici pourquoi.
Dès avant l'élection présidentielle et comme le président de la République l'avait bien vu, le système militaire français était à bout de souffle.
En termes, tout d'abord, de capacités opérationnelles réelles : à cause du choix dicté par les groupes de pression de programmes d'équipement, sans considération particulière pour les nécessités nées de la réalité des engagements (cela aboutit, par exemple et dès cette année, à une rupture de la capacité de transport aérien stratégique, ce qui est à tout le moins regrettable pour une armée très engagée à l'extérieur) ; à cause de l'interdiction faite par les autorités politiques de l'époque à l'état-major des armées de poursuivre une véritable «étude capacitaire», qui eût révélé que, comme de nombreuses fois au cours de notre histoire militaire, une conception de la défense centrée sur les «programmes d'équipement» aboutissait à une dépense publique considérable pour une utilité opérationnelle faible ; avec en résultante, une «impasse financière» mettant en cause la crédibilité même du gouvernement dans son exécution des lois de programmation militaire.
Ensuite, en termes de choix des engagements, la situation n'était pas plus satisfaisante. L'absence de critères politico-militaires d'intervention, le flou des priorités géopolitiques (Afrique), l'absence de gestion des engagements dans le temps (Kosovo) aboutissaient à un saupoudrage de forces dicté par les habitudes du passé et la logique moutonnière de la participation obligatoire («il faut en être»). Il en résultait un rythme d'emploi soutenu, indifférencié, affectant des unités aux équipements vieillissants, dégradant leur niveau de préparation opérationnelle. Et, dans l'autre sens, alors que les menaces terroristes prenaient plus d'ampleur, le gouvernement comme les armées se refusaient même à penser l'action militaire sur le territoire national, à partir d'un contrat opérationnel distinct (à la notable exception de l'action de l'État en mer).
Enfin, en termes d'organisation, la situation était marquée par une grande confusion. Les choix d'interventions étaient opaques, ne donnant lieu à aucun débat, notamment parlementaire, à l'extérieur du cercle présidentiel, ce qui, les phénomènes de cour et les ambitions personnelles aidant, n'était certes pas un facteur de qualité des analyses préalables à la décision. La nouvelle définition des pouvoirs du chef d'état-major des armées n'avait entraîné aucune véritable réflexion, fondée sur la subsidiarité, entre la logique interarmées et la logique de milieu, notamment pour le soutien. Les organisations militaires restaient lourdes, «doublonnantes», peu centrées sur l'opérationnel. Les désignations aux postes les plus importants étaient délibérées entre militaires sur le fondement des couleurs d'uniforme, dans le cadre d'un «troc» presque permanent, aboutissant d'ailleurs à une durée d'exercice des responsabilités abusivement courte. La procédure de choix des programmes d'équipement, entre la direction générale pour l'armement (DGA) et les états-majors, était caractérisée par l'opacité et le conflit d'intérêt (le «service aux industriels») aboutissant à la dérive de coûts opaques, non maîtrisés, et à l'inadaptation des équipements.
C'est dire si le début du quinquennat avait fait naître les plus grands espoirs. Il est malheureusement probable aujourd'hui qu'ils seront déçus. Tout d'abord, les instances de la décision n'ont pas fonctionné de manière satisfaisante, la mission budgétaire de la révision générale des politiques publiques (RGPP) ayant prévalu, y compris en termes calendaires, sur la mission conceptuelle du livre blanc. Quant à cette dernière, la sous-représentation des militaires compétents n'a pas permis d'y effectuer un travail réaliste, ce que ses conclusions montrent à l'évidence. L'ampleur enfin des conflits structurels internes propres au ministère de la Défense n'a pas permis un travail serein.
Plusieurs points positifs sont à relever : le principe du resserrement des implantations (dont il faudra attendre la mise en œuvre, les militaires étant habitués à ce que les logiques politiques locales prévalent, ce qui est le cas depuis plus de vingt ans). L'insistance mise sur la protection «interne» de la nation elle-même, en termes d'organisation centrale et de contrat opérationnel. La revalorisation des fonctions de renseignement.
Pour le reste, le modèle d'analyse présenté par le livre blanc est à notre sens déficient et, davantage, marqué par un certain amateurisme. Le livre blanc souffre en effet d'une quadruple incohérence.
Incohérence, tout d'abord, par rapport à l'évolution générale des crises et des réponses généralement adoptées dans le monde. Alors que les crises se multiplient et se superposent sans se résoudre, l'Europe en général et la France en particulier diminuent leur effort de défense au moment même où chacun les augmente (les dépenses militaires mondiales ont progressé de 45 % en dix ans). On ne peut certes nier la crise budgétaire. Au moins devrait-elle donner lieu à une analyse «priorisante» des arbitrages, entre la défense et les autres budgets, et à l'intérieur du budget de la défense. Le livre blanc n'en fournit pas l'armature conceptuelle, puisqu'au titre des menaces il retient à la fois l'attentat terroriste, la guerre de haute intensité, le désordre dans le tiers-monde et la pandémie grippale.
Incohérence, ensuite, par rapport à l'évolution de la «conflictualité», le paradigme de la «guerre industrielle» (entre arsenaux étatiques) ayant été remplacé par celui de la «guerre bâtarde», le plus souvent «au sein des populations». Ce dernier exige à la fois des forces terrestres plus nombreuses, une capacité de projection aérienne et navale plus affirmée, une réorientation des programmes en conséquence. Ces choix ont été faits par les Britanniques voici plus de cinq ans. Nous en sommes, nous, à la diminution des effectifs de l'armée de terre et au «report» de la décision de construire le deuxième porte-avions, qui signe une rupture capacitaire majeure. Notre incapacité à sortir de la «réduction homothétique», faute d'une véritable analyse que le livre blanc ne fournit pas, conduit le modèle 2008 à n'être que la version dégradée du modèle 1996, lui-même version amoindrie du modèle 1989. Autant dire qu'aucun choix sérieux, hors celui, purement budgétaire, d'une réduction proportionnelle, n'aura été fait depuis vingt ans. Sous ce rapport, la nouvelle orientation en faveur du satellitaire ou la création d'un «commandement interarmées de l'espace» font figure de gadgets, lorsqu'on connaît les besoins réels et actuels des armées. Non que de telles mesures soient en elles-mêmes absurdes. Mais elles ne pourraient valoir que si elles procédaient d'une véritable analyse doctrinale et pratique de la «conflictualité», fondée sur les exemples nombreux que présente l'actualité, du Proche-Orient à l'Asie centrale. Cette analyse est absente du livre blanc. Les «avancées» qu'il présente (satellites, etc.) ressemblent à des lubies parce qu'elles ne sont pas sérieusement argumentées en termes d'arbitrage (alors qu'on voit les intérêts industriels qu'elles servent). Une réduction prévisible et sans imagination du format des armées, à peine compensée par d'hypothétiques innovations technologiques et organisationnelles : il y a comme une imposture à présenter ces résultats comme un progrès dans l'efficacité de l'instrument militaire.
Incohérence, en troisième lieu, par rapport à la volonté politique affichée à juste titre par le chef de l'État. Nous revenons dans l'Otan, avec une capacité militaire affaiblie, et tout en y revendiquant des postes de commandement. Nous prétendons faire de la politique européenne de sécurité et de défense (PESD) un dossier majeur du renforcement de la défense européenne sous présidence française, et nous baissons la garde au moment où nous souhaitons entraîner nos partenaires vers un renforcement de la défense européenne. Mais surtout, nous abandonnons aux Britanniques le leadership militaire européen, alors que nous connaissons la nature particulière de leurs relations avec les États-Unis. La France jouera désormais dans la division de l'Italie. Il est inutile de se payer de mots.
Incohérence, en quatrième lieu, par rapport à la seule certitude que nous ayons : celle de nous engager vingt fois en Afrique dans les années qui viennent, pour y éviter des catastrophes humanitaires ou assurer l'évacuation de nos ressortissants. Si nous pouvons le faire aujourd'hui, c'est parce que notre réseau de bases nous confère une efficacité d'autant plus unique que l'ensemble des pays africains refuse le déploiement de l'US african command (commandement américain en Afrique) sur le sol africain. Pour gagner, et ceci est révélateur de la méthode retenue, 3 000 postes budgétaires, nous affaiblissons de manière définitive notre positionnement, avec ce paradoxe que nos abandons vont conduire mécaniquement à un accroissement du nombre de crises que nous ne pourrons plus prévenir et dans lesquelles nous ne pourrons intervenir qu'à un coût incomparablement plus élevé. En contrepartie, les structures administratives intermédiaires des états-majors n'ont pas été touchées par l'exercice RGPP, alors qu'elles représentaient un gisement d'économies d'au moins le double. Quant aux «bases de défense», il ne s'agira, faute de crédits budgétaires pour de vrais investissements d'infrastructure, que de circonscriptions administratives de mutualisation de certaines dépenses mineures (habillement, restauration, etc.), entraînant simplement la création d'un maillage administratif supplémentaire. La mise en regard de ces deux éléments permet de mesurer le caractère de trompe-l'œil des mesures présentées ces jours-ci.
Le propos de cet article n'est pas de présenter le modèle qu'une réflexion plus avisée, et plus conforme aux volontés du chef de l'État, aurait permis d'élaborer. Nous voulons simplement souligner qu'une grande dépense d'énergie intellectuelle a simplement abouti à une réduction homothétique du format des armées. Au mieux, nous serons mieux renseignés, mais nous pourrons moins agir. Il eût fallu, au contraire, mieux définir les ambitions militaires de la France, puis ses priorités géostratégiques, y compris en termes concrets, en désignant les théâtres utiles ; en déduire un modèle pour notre armée et ses équipements, sans se refuser à porter le fer dans l'organisation militaire ou dans celle de la DGA ; ne pas s'illusionner sur les bénéfices à attendre de la «mutualisation des soutiens», dans un domaine où l'expérience (notamment britannique) enseigne qu'elle ne peut concerner que des secteurs de second ordre, la «logique de milieu» continuant de gouverner l'entretien des équipements majeurs. Pour ne l'avoir pas fait, les autorités de la défense ont laissé passer l'occasion historique que leur présentaient les circonstances et que justifiaient les ambitions du chef de l'État. Le reste est affaire de communication politique, qui ne saurait masquer la réalité d'un véritable déclassement militaire de notre pays, dans un monde bien plus dangereux qu'hier.
jeudi 19 juin 2008
Le bon cognac de Sarkozy
En visite à Varsovie à la fin du mois de mai, Nicolas Sarkozy croyait offrir un cognac exceptionnel à ses homologues polonais. Seul bémol : le producteur du Domaine Fontaine de La Pouyade a déjà été condamné en 2006 pour avoir trompé sa clientèle sur la qualité du produit.
Le plus grand cognac du monde, le "romané-conti du cognac", la crème de la crème, aucun superlatif n'est de trop pour qualifier le cognac Domaine Fontaine de La Pouyade, offert par Nicolas Sarkozy au président polonais Lech Kaczynski et à son premier ministre Donald Tusk lors du voyage présidentielle du 29 mai dernier. Mais selon le journal Ouest-France en date du 11 juin, ce cognac serait un faux.
Le producteur, Bernard Bouyer-Dubosquet a été condamné en 2006 par le tribunal correctionnel d'Angoulême à 3.500 euros d'amende pour avoir "trompé la clientèle de la société sur l'origine et les qualités substantielles et la composition du produit cognac vendu comme provenant de vignobles familiaux".
De plus, lors du même jugement, les magistrats indiquaient que l'indication d'âge des eaux-de-vie avancée par le négociant - quatre-vingts ans en moyenne - était tout simplement fausse.
Si sur l'étiquette de la bouteille il y a bien écrit 1713, cette date fait partie du logo de la marque. A aucun moment il n'est écrit que le cognac est une eau-de-vie de 1713. La marque reprend simplement la date d'acquisition d'une propriété.
Et la bière 1664, notre président blingbling croit peut-être qu'elle a 344 ans ???
Inculte en tout, décidément bon à rien !
mercredi 18 juin 2008
L'Air Bling One de Sarko se crashe dans les eaux médiatiques
Alors que l'info fait le tour du monde en 80 heures de franche rigolade, l'Elysée dément l'acquisition d'un Airbus de luxe. Mais pas le renouvèlement de la flotte élyséenne…

« Non, nous ne ferons pas l'acquisition d'un Airbus 330-200 de luxe ! » A l'Elysée perce un agacement certain. Franck Louvrier, le porte-parole de l'Elysée, était furieux en découvrant que Le Monde avait repris l'info du Sunday Times sans même lui passer un coup de fil. Depuis le mois de février, on savait, grâce au Canard enchaîné, qu'un Air bling-bling One, scintillant plagia de l'Air Force One américaine, allait remplacer l'actuelle flotte élyséenne. Mais le Sunday Times a frappé un grand coup, expliquant que le fleuron de la nouvelle flotte serait un Airbus 330-200, qu'il pourrait s'appeler « Marianne » (!) et qu'il serait luxueusement redécoré par Carla… L'info a aussitôt fait le tour du Web mondial.
Vive la moquette marron
Depuis, Luc Châtel a bien confirmé un renouvellement de la flotte dans les cinq ans, mais nos confrères cherchaient toujours la trace de l'Airbus de luxe. Selon le blog secret-défense de Libération tenu par Jean-Dominique Merchet, l'avion spécial VIP aurait pu être acheté à Air Caraïbes. Interrogé par Marianne2.fr, le démenti est donc officiel ce matin : pas d'Airbus 330-200, surtout pas de bling-bling…. Même si on peut douter que les nouveaux aéronefs seront achetés aux rebus de l'Aéroflot et tapissés de moquette marron, le mot d'ordre est clair : on arrête la déco façon Carla. Et le nouveau wording précise : si on renouvelle le parc, c'est « pour faire des économies ».
mardi 17 juin 2008
Sarkozy recueille 60% d’opinions défavorables
Le chef de l’Etat recule de deux points en juin, selon le baromètre mensuel Ipsos-Le Point, soit le plus fort niveau d'impopularité enregistré par cet institut depuis son élection. AFP
LIBERATION.FR : lundi 16 juin 2008
La cote de Nicolas Sarkozy
recule de deux points en juin avec 38% de Français portant un jugement
positif sur son action contre 40% en mai, tandis que François Fillon
perd un point avec 49% d'avis favorables, selon le baromètre mensuel
Ipsos-Le Point, à paraître jeudi.
Les opinions
«défavorables» à la politique du chef de l'Etat progressent de deux
points pour atteindre 60%, soit le plus fort niveau d'impopularité
enregistré par cet institut depuis son élection en mai 2007. Dans le
même temps, la cote de popularité de François Fillon poursuit sa
baisse. Avec 49% d'opinions favorables, il perd 1 point par rapport à
mai. Les jugements défavorables sur son action progressent également
d'un point à 44%.
Au palmarès des personnalités politiques, le ministre des Affaires
étrangères Bernard Kouchner (ex-PS) reprend la première place avec 66%
(+4) d'opinions favorables sur son action. Il devance le maire de
Paris, Bertrand Delanoë (PS), qui reste stable avec 65% de jugements
positifs. Viennent ensuite le socialiste Dominique Strauss-Kahn (59%,
+4), la secrétaire d'Etat à la politique de la Ville Fadela Amara, qui
gagne 8 points à 57%, et le ministre de l'Ecologie (UMP) Jean-Louis
Borloo (57%, =).
lundi 16 juin 2008
Et si Internet perdait la mémoire ?
Je ne résiste pas à cet excellent article du blog de Polemiquons
D'après le magazine en ligne PCImpact, le gouvernement incite en ce
moment les acteurs de l'Internet à signer une charte de bonne conduite
qualifiée de "Confiance en Ligne".
Dans ce document de travail que le ministère de l'intérieur n'a pas
authentifié pour l'instant, de nombreuses mesures de sécurisation et de
contrôle des réseaux sont envisagées. Pelle mêle, on y retrouve la délation, le délit d'intention et la censure
ainsi que la diminution de l'action judiciaire au profit de l'action
administrative et quelques autres que je vous laisse découvrir en
lisant l'article de PCImpact.
Parmi les mesures envisagées, il y en a une qui ne laissera pas les blogueurs politiques indifférents.
L'ébauche de cette charte prévoit en effet : " la
possibilité de prévoir contractuellement une modalité de suspension de
la possibilité de publier, par des personnes autres que le créateur de
l'espace, en l'absence de toute mise à jour, modification, intervention
ou modération d'un contenu depuis trois mois ; ainsi que l'existence de
mesures de suspension ou de suppression de l'espace ".
Pour faire plus simple, sans mise à jour sur un
forum ou un blog pendant 3 mois, la publication pourrait être interdite
et le forum ou blog pourrait être purement et simplement supprimé, avec
tout ce qu'il contient d'informations.
Il pourrait en être de
même pour un espace sur Dailymotion, et les vidéos stockées à cet
endroit pourraient disparaître. Sans archives, cette vidéo de Politistution (visionnée ce matin sur Sarkofrance) n'aurait pu voir le jour, car montée avec des images de 2004.
La question est donc : le gouvernement cherche-t-il à faire gagner de
l'espace de stockage aux hébergeurs ou, plus simplement, cherche-t-il à
faire disparaitre des éléments écrits ou filmés
qui montreraient à quel point ils sont des menteurs patentés ?
Le citoyen lambda que je suis n'a pas suffisamment de mémoire pour se
souvenir de toutes les déclarations de Sarkozy ou de Chirac (ou de
Mitterrand, pour ne pas faire mon anti UMP primaire...), et même si je
disposais de cette mémoire, je ne pourrais pas en faire profiter les
autres (en l'occurrence, mes lecteurs). Internet résout ses deux problèmes de mémoire et de mise
à disposition d'autrui.
En supprimant la mémoire d'Internet, le gouvernement se donnerait des
moyens simples de museler l'opposition citoyenne en la privant de
points de repère et de comparaison.
Ces repères continueront à exister, mais
uniquement au sein des médias dit 'traditionnels", dans les salles
d'archives, et ne seront finalement disponibles au public que si ces
médias le décident. Et je doute qu'il existe un jour un "Les enfants de la télé" consacré à la politique...
Au bout du compte, les hommes politiques et les médias traditionnels seraient les grands gagnants
d'une telle opération, les premiers en limitant l'accès à l'information
des citoyens (et en cachant leurs éventuels mensonges et turpitudes) et
les second en reprenant le contrôle de l'information et des profits qui
vont avec.
Tout cela va evidement dans le sens voulu par Nicolas Sarkozy de
prendre le contrôle du seul média qu'il ne comprend pas, comme le dit La Quadrature du Net. Il faut aussi prendre en compte les délires de Nadine Morano, les volontés civilisatrices de Denis
Olivennes, et la diabolisation générale d'Internet par les médias.
En attendant, nous sommes toujours là; restons vigilants !
