dimanche 8 juin 2008
Un vrai feu d’artifice bling bling pour le Roi Sarko
La présidence française de l’Union europénne débute le 1er juillet. Un programme des festivités circule sous le manteau : la France voit les choses en grand, en très grand. Encore un coup de bling bling politique de Nicolas Sarkozy !
La consigne a été passée par l’Elysée à tous les protagonistes de la future présidence française de l’Union européenne : se la jouer modeste et discret pendant encore quelques temps. C’est-à-dire ne pas vendre la mèche sur le programme des réjouissances à venir, histoire de ne pas faire d’ombre à la petite Slovénie qui assume cette présidence bien trop lourde pour elle jusqu’à la fin juin.
Mais après, promis, ce sera « un vrai feu d’artifice ! » prédit une bonne source diplomatique. Car, pour célébrer le futur règne de la France sur l’Europe, l’hyper président Sarkozy a vu les choses en grand. Un programme des festivités de 40 pages pas encore tout à fait bouclé circule déjà sous le manteau et « pas moins de 400 à 500 manifestations sont prévues en France » annonce ce diplomate indiscret. Au menu des réjouissances : sommet de chef d’Etat, conseil des ministres européens, comme à Annecy à la fin de l’été pour l’agriculture, à la Rochelle en septembre pour les transports, ou à Marseille fin novembre pour le logement et l’aménagement du territoire, colloques en tous genres, manifestations culturelles …
Si l’on compte bien, cela fait en moyenne entre deux et trois raouts officiels par jour en France entre juillet et décembre 2008 ! Pourquoi voir petit quand on sait que le train de la présidence qui tourne tous les six mois s’arrêtera en 2009 ? Par contre, bonjour le déploiement d’aimables flics, pandores, CRS, gardes mobiles dans nos bonnes villes de France. Un vrai cirque en perspective qui permettra sans doute d’atteindre le but affiché par le gouvernement, « rendre l’Europe plus populaire »…
La France a déjà commencé à dévoiler cette semaine les grandes lignes de son action européenne axée sur la « protection » :
elle veut obtenir un accord sur l’immigration, l’environnement et
l’énergie, et la Défense. Reste qu’à la Commission de Bruxelles, un
Français rabat-joie promet des lendemains qui déchantent pour cause de
calendrier. « Déjà, un pays qui assure la présidence
en seconde partie d’année ne peut vraiment passer à l’action qu’après
les deux mois d’été. Ensuite, le Parlement européen est en fin de
mandat, les élections ayant lieu à la mi-2009. Il faudra être
convainquant pour obtenir des députés qu’ils chamboulent leur programme
pour adopter de nouvelles directives. Quant à la commission Barroso,
elle a encore un an à tenir et déjà beaucoup de commissaires sont un
peu démobilisés », grince-t-il. D’où l’intérêt, dans un tel contexte, d’en jeter plein les yeux avec des festivités délirantes…
Sarkozy ou la folie des grandeurs européennes
Le bon président Nicolas veut montrer à tous qu’il aime l’Europe : il veut faire exploser le budget de la présidence française de l’Union Européenne.
Il y aura des repas somptueux et des feux d’artifice, des réceptions et
des photos souvenirs inoubliables. La France, qui va assumer la
présidence tournante de l’Union européenne au deuxième semestre 2008, a
décidé de mettre les petits plats dans les grands. Nicolas Sarkozy
veut, semble-t-il, marquer les esprits européens, et rayonner au milieu
des 26 autres chefs d’État et de gouvernement. Alors que Bruxelles
fronce les sourcils sur nos déficits budgétaires abyssaux, le
gouvernement a prévu de dépenser 190 millions d’euros l’an prochain
pour assumer la présidence française de l’Union durant six mois. Une
somme astronomique, équivalente à deux fois le budget annuel de
l’Élysée. Du jamais vu ! La dernière présidence française, au deuxième
semestre 2000, avait coûté entre 50 et 80 millions d’euros aux
contribuables. La facture était déjà salée, deux fois supérieure aux
prévisions. Cette fois-ci, le budget s’envole littéralement, dépassant
tous les pronostics.
L’ardoise de 190 millions d’euros prévue pour couronner « Sarko roi
d’Europe » fait tousser de nombreux parlementaires français, y compris
dans les rangs de la majorité.
Pour désamorcer la polémique, le ministère des Affaires Étrangères a
promis que tout serait transparent. Et que les sponsors (collectivités
locales ou entreprises privées) seraient les bienvenus pour contribuer
au rayonnement de la France durant ses six mois. Lors du sommet de
Lisbonne, début octobre, des « partenaires officiels » se pressaient déjà autour des chefs de gouvernement, de Microsoft à Sony, en passant par Vodafone, HP ou le pétrolier Sumol…
Pierre Moscovici, qui était ministre délégué aux Affaires européennes en 2000, s’est dit « très étonné »
par ce montant disproportionné. Le député UMP Hervé de Charrette,
ancien ministre des affaires étrangères, a également exprimé sa
surprise, au moment où l’on demande des efforts de rigueur aux
Français. Avant de réclamer que la commission regarde de plus près le
contenu des dépenses programmées pour un « événement qui dure six mois et se trouve oublié le lendemain ». « Il est prévu d’organiser beaucoup d’événements sympathiques, mais pas vraiment nécessaires » a-t-il ajouté. Son collègue radical de gauche, Paul Giacobbi, a dénoncé, pour sa part, un budget contre-productif : « il faut en appeler à moins d’ostentation et à plus d’austérité ».
Seul le socialiste Michel Vauzelle est venu à la rescousse de Bernard
Kouchner, estimant que la France avait raison de vouloir faire les
choses « correctement » pour sa présidence de l’Union européenne : « il ne faut pas faire des économies de bouts de chandelle sur des éléments essentiels pour l’image de la France », a lâché l’élu des Bouches-du-Rhône. Vauzelle s’est d’ailleurs plaint devant ses collègues que les « les petits fours servis dans les ambassades ne présentent plus la qualité d’antan ! »
Diable, l’image de la France est en péril… L’axe de gauche
Vauzelle-Kouchner pour justifier l’inflation des petits fours de
« Sarko l’Européen », voilà qui ne manque pas de sel…
PS : N'oubliez pas de payer vos....impôts !