mercredi 30 avril 2008
Les attitudes de Sarkozy lors l'émission du 24 avril 2008 sur Direct8
Nicolas_sarkozy_comportement_georges_chetochine
envoyé par KSL
mardi 29 avril 2008
Nicolas Sarkozy président de la décroissance
L'économiste Christian Jacquiau décrypte pour Marianne2 la mystification du projet de loi LME qui, sous couvert de défendre le pouvoir d'achat, fait le lit de l'oligopole de la grande distribution.
Reconnaissant ses erreurs sur presque tous les sujets, Nicolas Sarkozy
nous la joue désormais profil bas. Sans rien changer au fond. Sur RTL,
Nicolas Poincaré s'est livré dans l'émission On refait le monde du 25
avril 2008 à un édifiant montage de son mea culpa télévisuel.
Florilège : Le paquet fiscal ? «Une erreur de communication totale».
La carte famille nombreuse ? «On a commis une erreur».
Ingrid Betancourt ? «Peut être que j'ai mal fait ».
La cacophonie au gouvernement ? «J'ai sans doute fait une erreur».
La surmédiatisation de sa vie privée ? «Sans doute ai-je une part de responsabilité».
C'est ma faute, c'est ma faute, c'est ma très grande faute...
Est-ce l'arrivée de Thierry Saussez, parachuté dans la précipitation
sur l'Élysée pour sauver l'image du soldat Nicolas qui lui donne tant
d'humilité ?
Ou bien s'agit-il d'un nouvel exercice de communication
cachant à peine une incapacité chronique pour notre champion de la
réforme (55 au compteur dès la première année de son quinquennat) de se
réformer lui-même ?
Un Président fâché avec l'économie
Le président Sarkozy est un homme qui va vite.
Dans la confusion qui règne à l'Élysée, il travaille désormais à la
mise en oeuvre de décisions soufflées par des conseillers de passage
(le lobby de la grande distribution, Jacques Attali, Michel-Edouard
Leclerc et quelques autres...) aux effets pour le moins
contre-productifs, inflationnistes, destructeurs d'emplois et donc…
réducteurs de pouvoir d'achat. De quoi alimenter ses futures
confessions télévisuelles.
À la question de la journaliste Véronique Auger (France 3) : «Vous aviez dit que vous seriez le président du pouvoir d'achat», Nicolas Sarkozy rabâche : «Le
problème de la France c'est qu'on ne travaille pas assez, que par
conséquent on n'a pas assez de croissance et pas assez de pouvoir
d'achat».
Et si c'était rigoureusement le contraire ?
Et s'il était, par ses décisions à l'emporte-pièce, un facteur aggravant de la situation ?
Qui peut croire sérieusement que la compression du pouvoir d'achat
(maintien des salaires au plus bas, réduction des prestations sociales,
application de la franchise médicale, etc.) accentuée encore par la
volonté annoncée de baisser les prix à la production (ce qui ne peut
qu'avoir un effet négatif sur les revenus des producteurs, des
entreprises et de leurs salariés) pourrait déboucher sur une
progression de la consommation susceptible de faire tourner nos usines
à plein régime, au point qu'elles en arriveraient à embaucher
massivement ?
Qui, à part peut-être Jacques Attali, ceux qui l'écoutent,
et tous ceux qui ont intérêt à nous faire avaler cette incroyable
couleuvre ?
«J'ai maintenant la possibilité de deux leviers supplémentaires», précise ce président décidément fâché avec la chose économique.
Quels sont donc ces deux miraculeuses manettes qu'il sort soudain de sa botte ?
«
D'abord sur les prix. J'ai regardé les comparaisons de prix dans les
grandes surfaces, ça va pas faire plaisir à tout le monde ce que je
dis, mais c'est la vérité. Ce sont des chiffres qui ont été publiés par
la commission européenne. Les prix ont davantage augmenté en France que
dans la quasi totalité des i[autres pays d'Europe».
«C'est pas normaaaaaaal !»,
s'exclame le président, traînant sur les mots comme pour mieux exprimer
son indignation du moment. Le constat n'est pourtant pas nouveau. Cela
fait longtemps que la France est en tête des pays européens les plus
chers. «Les prix ont augmenté au moment (du passage à) l'euro et c'est un beau mensonge que de le contester», affirme-t-il aujourd'hui un brin accusateur.
«Y'a pas de raison (sic) que les consommateurs français payent plus cher le même produit»,
s'indigne le président dans une envolée de comptoir, se gardant bien
toutefois d'apporter une quelconque analyse à cet incontestable constat
que font les citoyens français au quotidien.
Un cadeau à l'oligopole de la grande distribution
Comment expliquer cette incroyable différence de prix alors que le
territoire français est le plus maillé au monde en terme de mètres
carrés de grandes surfaces par habitants ?
La France compte en effet un hypermarché pour 46 000
habitants lorsqu'il y en a un pour 51 000 habitants en Allemagne et un
pour 130 000 habitants en Italie !
De cela, Nicolas Sarkozy ne dira mot. Et pour cause
puisqu'il entend bien renforcer la puissance de ces oligopoles en
donnant davantage de pouvoir encore aux centrales d'achat de ses amis
de la grande distribution !
À un Patrick Poivre d'Arvor l'interrogeant sur les
multiples «tables rondes» réunies sur le sujet et n'ayant débouché sur
rien, Nicolas Sarkozy répond sans vergogne : «nous
avons progressé en supprimant une partie des marges arrière. Je ne vais
pas entrer dans le détail de tout cela. Luc Chatel et Christine Lagarde
présenteront un texte au mois de juin qui va permettre la négociabilité
entre les fournisseurs et les grandes surfaces...», déclenchant manifestement interrogations et scepticisme chez les cinq journalistes venus l'interroger.
«Les
fournisseurs de l'industrie agroalimentaire et les agriculteurs ne sont
pas contents par rapport à cette loi. Ils estiment que cela va faire
pression sur leurs marges à eux...», l'interrompt alors la journaliste Véronique Auger.
Le pouvoir accru, accordé sans contrepartie, sans garde-fou, aux
centrales d'achat de la grande distribution ne peut, en effet, qu'avoir
un impact dévastateur sur l'amont (les agriculteurs, les PME/PMI,
l'industrie agroalimentaire et leurs sous-traitants) et en cascade :
sur les salariés des filières, leurs emplois et leur pouvoir d'achat.
Le gouvernement Fillon, inspiré par le fameux rapport
Attali, avait déjà réussi l'exploit de mettre les avocats et les
coiffeurs dans la rue. Nicolas Sarkozy s'apprête à faire beaucoup mieux
encore en faisant voter ces lois Chatel / Lagarde, réclamées depuis
tant d'années par le lobby de la grande distribution.
Fait sans précédent, l'Ania (Association Nationale des
Industries Alimentaires), la FNSEA (Fédération nationale des syndicats
d'exploitants agricoles), le réseau COOP de France (coopératives
agricoles), la CGGPME (Confédération générale des petites et moyennes
entreprises), la FEEF (Fédération des entreprises et entrepreneurs de
France), la CGI (Confédération française du commerce interentreprises)
et l'ILEC (Institut de liaison et d'études des industries de
consommation), organisations en général plutôt légitimistes pour ne pas
dire conservatrices, se sont déclarées prêtes à manifester devant
l'Assemblée Nationale si le gouvernement ne revoit pas d'urgence sa
copie. Du jamais vu !
Le gouvernement choisit la distribution contre l'agro-alimentaire
Réponse de celui qui a la charge de l'intérêt de la Nation, face à un panel de journalistes totalement médusés : «Ça pour faire pression on va faire pression !» (sic), ajoutant encore dans son langage de président : «Ça y sont pas contents... C'est moi qui suis pas content parce que les prix augmentent plus en France qu'ailleurs !».
L'industrie agroalimentaire française emploie 400 000 personnes et
occupe, avec un chiffre d'affaires annuel de 140 milliards d'euros, la
deuxième place mondiale du secteur, derrière les Etats-Unis.
Pourtant le président semble avoir choisi son camp. Et ce
ne sont pas ces arguments de poids qui le feront fléchir, même si la
pression des centrales d'achat sur le monde agricole et sur le monde de
l'entreprise conduit inéluctablement à la compression de personnel
(accélération des délocalisations et amplification de la recherche de
sous-traitants socialement moins disant) et à la régression sociale.
«Les salaires en
France sont trop bas, les charges sont trop hautes », lance Nicolas
Sarkozy à la cantonade ignorant avec superbe que moins de salariés,
c'est mécaniquement moins de cotisations sociales, patronales et
salariales, ce qui surenchérit les coûts sociaux pour les cotisants
restants et alimente le fameux discours sur le « trop de charges».
Moins de salariés c'est aussi moins d'impôts levés, avec pour
conséquence globale la diminution des prestations de santé et de
retraite, la remise en cause des services publics (fermeture au nom de
la modernisation d'hôpitaux, de maternités, d'écoles, de tribunaux, de
bureaux de poste ou encore de gare SNCF dites secondaires).
Au final, c'est la porte ouverte à la privatisation de tout ce qui faisait le lien social.
Nicolas Sarkozy est-il aussi naïf qu'on pourrait le penser ou bien,
sous des airs de faux candide qui ne trompent plus que 28 % de
l'opinion, s'inscrit-il résolument dans une fuite en avant tendant à
imposer au pays un ultralibéralisme sauvage qui ne sert que les
intérêts de ces puissances financières au sein desquelles il compte de
nombreux amis ?
«Il faudra
m'expliquer pourquoi le même produit augmente davantage lorsque c'est
le consommateur français qui va dans une grande surface en France que lorsque c'est le consommateur allemand qui va dans une grande surface en Allemagne».
Quels sont donc ces conseillers du prince qui ont ainsi intérêt à lui
mentir, au point de lui cacher jusqu'à l'impact désastreux des
pratiques de la grande distribution française, parmi lesquelles ces
fameuses marges arrière dont il semble tout ignorer des mécanismes ?
«Depuis que je
suis élu président de la République, il y a eu la crise dite des
subprimes qui est en vérité la crise d'un capitalisme financier qui
marche sur la tête, qui a fait la part trop belle aux spéculateurs au
détriment des entrepreneurs».
Est-ce une raison pour renforcer les pouvoirs de négociation (en fait de spéculation) de la grande distribution ?
Des cris d'alarme du monde paysan ou de celui plus inattendu des
groupes de l'agroalimentaire, le président semble n'avoir cure, bien
décidé d'appliquer les préconisations d'un rapport Attali inspiré du
rapport Canivet, lui-même plus qu'inspiré par un certain Michel Édouard
Leclerc, ami du président.
«Alors qu'ils
soient pas content j'en suis… euh... tout à fait désolé » (sic) dira le
président avant d'ajouter : « Ça ne change en rien ma détermination. Je
rendrai aux Français du pouvoir d'achat en obtenant soit la baisse des
prix, soit en tous cas la maîtrise de l'augmentation».
Rendre du pouvoir d'achat en obtenant la maîtrise de… l'augmentation ?
Le candidat l'avait promis. Désormais avec Nicolas Sarkozy tout devient possible !
Démonstration
«J'avais
pris l'exemple invraisemblable du jambon qui avait augmenté de 40 % en
grandes surfaces alors qu'il y avait une crise des éleveurs de porcs
qui voyaient leurs prix de vente baisser. Alors y a bien quelqu'un qui
entre le consommateur qui paie plus cher et le producteur à qui on paye
moins cher, y a bien quelqu'un qui dégustait, en l'occurrence c'est le
consommateur. Je ne l'accepte pas». (sic)
Explication
de texte : ce « quelqu'un » entre le consommateur et le producteur que
le président désigne ici comme consommateur / dégustateur n'est autre
que la grande distribution et ses centrales d'achat qui se goinfrent
véritablement sur le dos de ceux qui leur font confiance.
Dommage qu'il n'y ait personne dans l'entourage de Nicolas
Sarkozy pour lui expliquer que le taux de marges arrière exigé de leurs
fournisseurs par les distributeurs dépasse allègrement les 70 % du prix
des produits de charcuterie industrielle ! Faut-il s'étonner alors
qu'en bout de chaîne les producteurs vendent à perte ?
Le pire c'est que le même Nicolas Sarkozy s'apprête à leur
donner carte blanche afin qu'ils puissent exiger davantage encore de
leurs fournisseurs !
N'ayant manifestement rien compris au système de la grande
distribution - ou feignant de ne pas le comprendre -, Nicolas Sarkozy
qui, candidat, avait promis d'aller chercher la croissance « avec les
dents » en arrive, à présent, à menacer ceux qui en sont victimes.
« Je vais aller
beaucoup plus loin », annonce-t-il. « Et même si je dois convaincre ma
propre majorité parlementaire, il faut changer la loi dite Raffarin sur
l'urbanisme commercial pour mettre davantage de concurrence. Il faut
changer la loi Galland sur la négociabilité des prix parce qu'il faut
une vraie concurrence au service des consommateurs ».
Supprimer les modestes contraintes que constituait la loi Raffarin
(soumettant à autorisation mais autorisant les nouvelles implantations)
puis instaurer et légaliser une impensable concurrence déloyale entre
le commerce de proximité et les grands réseaux de distribution fait
désormais partie de la panoplie de ce président fâché avec les
principes les plus élémentaires de l'économie.
En renforçant l'oligopole constitué par les six centrales
d'achat de la grande distribution, le gouvernement s'apprête à
accroître leur pouvoir de négociation sur l'amont (agriculteurs et
industriels) ce qui ne peut se traduire que par une pression accrue sur
les coûts de production, de nouveaux plans sociaux, de nouvelles
délocalisations et au final : moins de pouvoir d'achat distribué, moins
d'emplois et moins de croissance !
«Il y a eu en deux ans une augmentation de 20 % des travailleurs pauvres», lui pourtant rappelé une Véronique Auger très incisive.
Mais Nicolas Sarkozy a d'autres trucs encore pour relancer la sacro-sainte croissance.
«La
deuxième chose qui va me permettre de donner du pouvoir d'achats aux
français : le premier ministre déposera un texte dans les 15 jours sur
l'intéressement et là, c'est un véritable... projet de société».
De quoi s'agit-il ?
«Il
y a des entreprises qui font des profits, et c'est tant mieux, et on
peut pas s'en plaindre. II faut souhaiter que toutes les entreprises
fassent des profits, des profits souvent considérables et c'est tant
mieux, mais il faut que chaque salarié des entreprises puisse en
profiter. J'observe qu'en France, les entreprises de moins de 50
salariés ne sont pas obligées de faire la participation ou de faire
l'intéressement (sic) et bien désormais, une entreprise qui distribuera
une partie de ses bénéfices à ses salariés paiera moins d'impôts sur
les bénéfices».
Une promesse qui n'engage que celui
qui la professe, puisque la négociabilité des prix réduira les
bénéfices de nombre d'entreprises, notamment les plus petites et les
plus fragiles, et que l'intéressement risque bien dans ce contexte de
se réduire à peau de chagrin.
Qui donc peut vouloir tant de mal à Nicolas Sarkozy pour le conseiller de s'engager dans une telle voie sans issue ?
À moins que décidé de donner tort à ceux de ses détracteurs qui pensent
qu'il a définitivement tourné le dos au Grenelle de l'environnement, le
président n'engage la France avec volontarisme, personne n'oserait
croire que c'est à l'insu de son plein gré, dans une véritable
politique de… décroissance ?
Il voudrait le faire qu'ils ne s'y prendrait pas autrement.
lundi 28 avril 2008
Quand Sarkozy est rattrapé par son inconscient
Nicolas Sarkozy lors de son grand show télévisé du jeudi 24 avril 2008.
"j'ai bien conscience que dans les critiques qui me sont faites, celle qui m'a le plus touchée et qui m'interpelle le plus c'est celle qui voit une partie des français se dire : au fond il fait UNE POLITIQUE POUR QUELQUES UNS ET PAS POUR TOUS."
"Si les français croient ça, et ILS ONT RAISON DE LE CROIRE, je dois en tirer les conséquences immédiates"
Quand Sarkozy est rattrapé par son inconscient sélectionné dans Actualités & Politique et News
dimanche 27 avril 2008
Le jardin secret d’André Santini
Le jardin secret d’André Santini
envoyé par bakchichinfo
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samedi 26 avril 2008
Les nombreuses commissions de Sarkozy
Sarkozy : "je n'ai pas été élu pour commander des rapports".
Ah bon ?
C'était le 4 avril 2008, un nouveau discours de Nicolas Sarkozy....
Le 4 avril 2008 au Ministère des Finances, Nicolas Sarkozy rappelait qu'il n'avait pas été élu pour commander des rapports, mais pour prendre des décisions. Marianne2 tient périodiquement à jour l'impressionnante liste des commissions et rapports... Encore un discours écrit à la va-vite et qui n'a pas été relu.
Les décisions de Sarkozy
envoyé par politistution
vendredi 25 avril 2008
Sarkotélé : le retour des bouc-émissaires
Nicolas Sarkozy a renoué avec la rhétorique de candidat et son gimmick favori, la désignation à la vindicte de bouc-émissaires.
La grande distribution stigmatisée… et cajolée.
C'était le fonds de commerce du candidat Sarkozy. Le Président a beau faire, il ne sait pas inventer autre chose. Premier dossier, première cause repérable de la déception post-présidentielle, le pouvoir d'achat. Nicolas Sarkozy a potassé les chiffres et ils sont, selon lui, indiscutables : reprenant l'exemple du porc, qu'il avait déjà mentionné le 26 février 2008 lorsqu'il avait stigmatisé les supermarchés, accusés de vendre de plus en plus cher les tranches de jambon au moment où les producteurs voyaient leurs prix de s'effondrer, il montre à nouveau du doigt les enseignes de la grande distribution. La conclusion est plus surprenante : le Président propose d'abolir les lois Galland et Raffarin. Problème : les géants de la grande distribution exigent justement la même chose afin de pouvoir implanter encore plus de magasins sur tout le territoire…
Les patrons à la fête.
Deuxième bouc-émissaire, les entreprises qui refusent d'augmenter les salaires de leurs employés – même quand elles font «des milliards de profits» - et de garder leurs seniors. Cette fois-ci, Sarkozy menace de sanctionner : les branches qui refusent de négocier sur les salaires verront leurs allègements de charges supprimés. Drôle d'idée : si, par exemple, le textile ne parvient pas à un accord salarial, toutes les entreprises du secteur seront sanctionnées, même celles qui, individuellement, se montrent plutôt généreuses d'un point de vue social. Le projet est soit impraticable, soit injuste. Il y a mieux : le Président considère qu'un tiers des profits doit aller aux actionnaires, un tiers aux salariés et un tiers aux investissements. Formidable ! Mais que propose-t-il pour y parvenir ?
Les chômeurs fainéants.
Le Président est revenu sur le projet du gouvernement de sanctionner – par la suspension de leurs indemnités – les chômeurs qui refusent deux postes, même un peu moins bien payés ou situés à moins d'une heure de leur lieu d'habitation. Cette mesure facilitera-t-elle le retour à l'équilibre des comptes sociaux ? Ce n'est pas la question puisque Nicolas sarkozy reconnaît que les chômeurs «tricheurs» ou «fainéants» sont «une minorité». Mais c'est une mesure «symbolique». Car comme pour la spéculation, il s'agit d'introduire de la morale dans l'économie. Bon courage….
Haro sur les spéculateurs.
Le Président a renoué avec la tonalité guainoïenne de son discours, évoquant un «capitalisme qui marche sur la tête, qui a besoin d'être moralisé» et critiquant implicitement le montant de la rémunération de certains dirigeants : «Quand on a des salaires de ce niveau, il faut en tirer les conclusions.» Et (re)pan sur la tête de Daniel Bouton, le Président de la Générale. Il s'en est pris tout particulièrement aux Agences de notation qui «n'ont pas fait leur travail» et «doivent être sanctionnées».
A entendre le président, on a du mal à croire qu'il est vraiment passé dans sa tête du statut de candidat à celui de Président : si la rhétorique est restée intacte, si le discours paraît toujours efficace, les solutions qu'il préconise restent floues.
En gros : «C'est pas ma faute, j'y peux rien ils sont pas gentils les gens avec moi...»
Vivement 2012. Pour nous, mais aussi pour lui !
Les députés UMP entrent en dissidence
Non seulement ils sont obligés d'assumer des mesures impopulaires sur le terrain, mais en plus on considère leur Assemblée comme une vulgaire chambre d'enregistrement. La révolte gronde !
«Peu de voix se sont élevées sur l'Afghanistan parce que la plupart des députés UMP n'ont pas de couilles au cul !»
Le diagnostic est signé Jacques Myard, député UMP des Yvelines et un
des grognards en chef de l'Assemblée nationale. Depuis quelques
semaines, les 312 soldats du bataillon présidentiel commencent à
trouver la campagne des réformes trop boueuse, trop brutale, voire
carrément contre-productive dans la reconquête de l'opinion. Le rythme
des réformes, Blitzkrieg engagée par le nouvel exécutif contre «l'inertie»
politique que Sarkozy a dénoncée pendant toute sa campagne, met
aujourd'hui les députés en porte-à-faux vis-à-vis de leur électorat.
«La réforme des hôpitaux est nécessaire et je milite pour sa mise en place depuis des années, insiste Jacques Domergue, député de l'Hérault. Mais si on ne fait pas un effort de pédagogie, on risque de provoquer une réaction négative de tous les acteurs.» De Pierre Méhaignerie à Jean-Pierre Raffarin en passant par Jean-François Copé, la pédagogie a fait florès.
Hôpitaux, casernes, allocations familiales, réduction SNCF... Les
dernières réformes touchant directement les Français, les
parlementaires se retrouvent coincés entre un calendrier parlementaire
accéléré et des électeurs qui se sentent floués.
Si le noyau dur des villepinistes continue de mener la critique la plus
frontale de la politique de réforme, toutes les sensibilités du parti
présidentiel prennent désormais part à la critique, par petites touches
ou au mortier. Hervé de Charette, président du club centriste
Convention démocrate, a ainsi écrit à Nadine Morano pour la mettre en garde contre la «colère légitime» que pourrait soulever son projet de supprimer une des majorations des allocations familiales.
Sur le même sujet, Jacques Myard, gaulliste conservateur, convoque sa verve critique : «Les
allocations familiales sont un vrai élément de la politique
industrielle du pays et il n'y a que ces imbéciles de technocrates pour
dire que cela ne sert à rien.» Nouvelle performance de Sarkozy :
de la droite au centre en passant par les libéraux, il a amené de
l'ouverture dans la contestation.
Pour le gaulliste indépendant Nicolas Dupont-Aignan, rien d'étonnant à cette grogne : «Quand on traite mal les députés, qu'on les humilie, qu'on les méprise, il ne faut pas s'attendre à autre chose.»
Car les élus, qui ont trimé pour soutenir le candidat, espéraient en
retour un peu de considération. Au lieu de cela, la majorité
présidentielle est réduite au rôle de chambre d'enregistrement.
Et le renforcement de l'Assemblée
nationale promis par le candidat Sarkozy ? Pas le temps : entre le
dernier retour de vacances et le 14 juillet, les députés auront à
débattre, amender et voter une dizaine de «réformes majeures» (statut des fonctionnaires, ports autonomes, prisons…) rappelait Roger Karoutchi le 24 mars dernier. Un délai «très court» reconnaissait le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement.
Les députés de la majorité ont l'impression qu'on les a oubliés. D'un
mois sur l'autre, Copé est le défenseur de leur cause ou le grand
absent. Quant à Karoutchi, «sa priorité a toujours été à ses magouilles personnelles», peste un élu qui remarque que le secrétaire d'Etat se préoccupe plus du Grand Paris que du grand parti.
Du côté de l'opposition, on minimise l'ampleur de cette grogne : «Il y a bien quelques contestataires comme Myard pour défendre les avancées de de Gaulle, concède Jean-Claude Sandrier, président du groupe Gauche démocrate et républicaine, mais ils sont surtout d'accord pour hurler sur ceux qui, comme Nathalie Kosciusko-Morizet, soutiennent des mesures de gauche.» Au sein de l'UMP, Dominique Paillé, conseiller de l'Elysée et ancien député lui-même est encore plus sévère : «J'ai
été 20 ans parlementaire et durant tout ce temps j'ai entendu des élus
avoir des états d'âme : les députés disposent de tous les outils pour
s'exprimer et infléchir les textes mais ils ne les utilisent pas !»
En fait, beaucoup se sentent abandonnés au milieu du gué : plus de chef, plus de ligne, plus vraiment de parti. «Certains députés conservateurs ne savent plus où ils habitent, raconte Nicolas Dupont-Aignan. Ils ont fait campagne pour la Ligue du Nord et on leur sort un seau de gauche caviar!»
Les mesures d'économies brisent ainsi certains fondement d'égalité
sociale partagés par tout le spectre de l'UMP : politique nataliste,
protection sociale, etc. «S'il faut
trouver des économies, moi je vais vous en trouver des économies, dans
les structures de l'Etat par exemple : mais ne coupez pas l'aide aux
familles !», supplie un député. Preuve de cette désorientation,
le silence des députés de la majorité lorsque l'exécutif les a tout
bonnement zappés en décidant seul d'envoyer des troupes supplémentaires
en Afghanistan.
«Si on continue, Sarkozy n'aura plus d'autre choix que dissoudre l'Assemblée», tonnait le villepiniste Jean-Pierre Grand.
De fait, pour beaucoup, la situation rappelle les début du premier
mandat de Jacques Chirac quand, en 1997, Juppé n'écoutait plus les
parlementaires pour appliquer le programme. Une situation qui avait
justement mené le président de la République à une solution radicale.
Sarkozy suivra-t-il l'exemple de Chirac face à la révolte de ses
troupes ?
jeudi 24 avril 2008
En direct de l’Elysée
Ce soir la communication, que dis-je la propagande de Sarko ne vous coûtera, indirectement et directement que 280.000,00 euros !
Vive les économies de l'Etat Sarkozy !
Vive le Président du (de son) pouvoir d'achat à 206 % !
Les engagements d'un Président
C'était il y a un an,
C'était il y a une éternité.
Nicolas Sarkozy nous promettait d'oublier son clan
Nicolas Sarkozy nous promettait la solidarité.
Rappelez-vous, c'était le soir du 6 mai 2007, Salle Gaveau à Paris, à quelques encablures du siège national de l'UMP :
«Ma pensée va à tous les Français qui n'ont pas voté pour moi. Je veux
leur dire que par-delà le combat politique, par-delà les divergences
d'opinions, il n'y a pour moi qu'une seule France.
Je veux leur dire que je serai le
Président de tous les Français, que je parlerai pour chacun d'entre
eux. Je veux leur dire que ce soir, ce n'est pas la victoire d'une
France contre une autre. Il n'y a pour moi ce soir qu'une seule
victoire, celle de la démocratie, celle des valeurs qui nous unissent,
celle de l'idéal qui nous rassemble. Ma priorité sera de tout mettre en
œuvre pour que les Français aient toujours envie de se parler, de se
comprendre, de travailler ensemble.»
Depuis cette date, Nicolas Sarkozy a servi prioritairement son camp
politique - la droite, y compris la plus dure - et tout fait pour
perturber durablement l'opposition : déstabilisation, vacarme,
et politique de classe, voici les trois mamelles de la
Sarkofrance.
Et les 7 jours écoulés en furent l'illustration.
Dès juin dernier, un journaliste de M6 rapportait ces propos du Président, au lendemain du scrutin législatif : «J'ai vidé l'extrême-droite, maintenant je vais m'occuper du centre gauche».
Depuis, Nicolas Sarkozy a pratiqué le débauchage à grande échelle parmi les éléments pyschologiquement les plus faibles et/ou narcissiques de l'opposition (Besson, Jouyet, Bockel, Kouchner, Lang, etc). L'état de fragilité permanente du Parti Socialiste aide beaucoup la démarche. L'effrondement de sa popularité et son échec aux élections municipales ont stoppé - momentanément - cette «ouverture politique».
Mais Nicolas Sarkozy ne s'arrête pas là : il y a quelques jours, Le Monde publiait une note par Dominique Paillé pour Nicolas Sarkozy. Il y répertorie les trois pistes pour fragiliser François Bayrou : encourager les démissions du Modem (cf. le récent procès en «sectitude» de Jean Arthuis contre Bayrou), s'acheter les fidélités au sein de la famille centriste, et favoriser l'éparpillement centriste (Parti Radical, Nouveau Centre). Ensemble, tout est possible. Comme le résume Marielle de Sarnez, la tête de liste Modem à Paris : ««une officine de l'Elysée s'occupe de l'élimination de Bayrou.»
Nicolas Sarkozy a aussi lancé des Grenelle sur les thèmes qu'il jugeait secondaires dans son programme (Environnement, insertion, ...). Le Grenelle est rapidement apparu comme un moyen d'étouffer l'opposition en la noyant dans un débat médiatisé, organisé autour de trois règles simples : pas d'objectifs trop précis, inviter les contraires, et éviter les recommandations.
Ces dernières semaines ont confirmé l'analyse : la première (et seule ?) loi d'application du Grenelle de l'environnement les OGM, a été discutée et trahie la douleur Parlement. Le Grenelle de l'Insertion n'est pas mieux loti. On a appris la même semaine, de la bouche présidentielle, que le déploiement du Revenu de Solidarité Active de Martin Hirsch sera subordonné au redressement des comptes publics (en 2012 ?).
Enfin, Nicolas Sarkozy et son équipe gouvernementale ont servi prioritairement leur camp politique : les premières mesures de l'année 2007 furent le renforcement du bouclier fiscal et des exonérations de droits de succession, la loi anti-récidive et la justice des mineurs, l'incarcération médicale. Le pouvoir d'achat est devenu une préoccupation présidentielle à l'automne, quand la gronde sociale prit de l'ampleur.
Ces derniers jours, le constat s'est aggravé. Les élections municipales passées, Nicolas Sarkozy affiche son mépris social : le plan d'économies annoncé il y a 15 jours frappe la politique sociale : attaque contre la carte Famille Nombreuse (avant un repli), réduction des moyens hospitaliers, relèvement des critères d'éligibilité au logement social, etc. La liste est longue. Nicolas Sarkozy nous prépare aussi une loi contre les chômeurs refusant deux offres d'emplois.
Pire, la seule mesure populaire, la défiscalisation des heures supplémentaires, a été évaluée il y a 2 semaines : inefficace et coûteuse.
Merci Nicolas !
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mercredi 23 avril 2008
Happy birthday to you, Mr Président !
Avec i>Télé, la chronique de Nicolas Domenach, directeur-adjoint de la rédaction de Marianne.
Il y a eu la grande désillusion. Maintenant, c'est la colère. La droite
est furax contre son champion. Plus encore que contre Chirac après un
an de règne. La pire des comparaisons pour Sarkozy. Pourtant, elle
revient souvent, comme si une partie des Français voulait enfoncer
l'actuel Président davantage encore, en comparant son immobilisme
brouillon et bavard au reniement passif de son prédécesseur. Selon le
dernier sondage IFOF-JDD, ils ne sont que 36 % de Français à avoir une
bonne opinion du chef de l'Etat contre 37% pour Chirac après un an de
règne également. Le score le plus bas de tous les présidents de la Ve
République, pour celui qui, dans l'hebdomadaire Le Point n'hésite pas à affirmer encore que «gouverner finalement est plus facile que ce que je pensais…» Inconscience ? Arrogance? Provocation?
Tous les sondages pourtant soulignent le même verdict. Ainsi, selon l'enquête de Viavoice pour Libération, 59% des Français jugent son bilan «comme un échec».
A l'exception de la défiscalisation des heures supplémentaires - et
encore, son appréciation est très partagée - il n'est guère de mesures
qui trouvent grâce à leurs yeux. Ainsi le paquet fiscal est-il
majoritairement rejeté, de même que la réduction du nombre de
fonctionnaires ou la suppression des régimes spéciaux de retraite.
Mais, plus généralement, sa politique comme son style sont très
majoritairement réprouvés, y compris par ceux qui ont voté Sarkozy. Les
ouvriers et même les retraités, ces deux électorats qu'il avait su très
habilement conquérir pendant la campagne, se sont détournés de lui et
lui expriment, souvent brutalement, leur amertume, leur frustration et
le ressentiment dont les députés UMP se font les porte-parole de plus
en plus insolents chaque mardi en réunion de groupe à l'Assemblée. Elus
et électeurs consonnent dans la dissonance rageuse.
Même les lecteurs du Figaro se disent «écoeurés» !
Car ils y ont cru à Sarkozy, ils y ont mis leur passion qui se retourne
maintenant contre lui. Allez, par exemple, sur le site du Figaro, vous y lirez, vous y entendrez le long et furieux lamento des électeurs trompés : « J'ai voté pour lui, et je suis écoeuré»,
protestent-ils en cocus mécontents. Les uns incriminent encore son
mauvais genre, son incapacité à s'élever au niveau respectable de la
fonction, en dépit de ses efforts pour prouver qu'il a changé. Certes,
quelques lecteurs figaresques affirment que «Carla est ce qui lui est arrivé de mieux», mais la plupart s'indignent toujours de son exhibitionnisme, de son égotisme, «de sa manière indécente d'exhiber sa femme comme un jouet, un trophée de guerre», et rappellent «nous ne voulons pas de Ken et Barbie à l'Elysée mais d'un couple qui soit à l'écoute».
Les récriminations les plus nombreuses portent sur sa politique. Beaucoup lui reprochent de «n'avoir rien fait pour les petites retraites ou les faibles salaires», mais «tout pour les privilégiés».
Plus nombreux encore sont ceux qui l'accusent de les avoir bernés en
leur faisant croire qu'il était le Thatcher français, alors qu'il se
révèle une «pâle copie chiraquienne». «J'espérais des vraies réformes, écrit ainsi l'un d'eux, et nous n'avons eu que des réformettes à la Chirac». «Ma déception est à la hauteur de mes espoirs, affirme l'autre. Je retrouve la France de son ignoble (sic) prédécesseur». Quand un troisième prévient ni plus ni moins qu'il veut vendre tous ses biens et partir à l'étranger, car Sarkozy «va faire comme les autres et augmenter les impôts»… Celui-là incite à fuir, mais il en est pour en appeler à un sursaut national avec… un autre chef ! «Dans cette ambiance mortifère de fin de règne, la droite doit se trouver impérativement un autre leader»
Juppé le sauveur ?
Sarkozy n'est plus le roi mage, mais un politicien défait aux
municipales et dont on se détourne déjà ! Quelques-uns, rares, évoquent
le nom de François Fillon, mais beaucoup citent celui d'Alain Juppé. Eh
oui, le maire de Bordeaux dont Nicolas Sarkozy disait qu'il était un «diplodocus»,
mort après sa défaite aux législatives, revient de l'au-delà du rejet
populaire grâce à… la disgrâce de Sarkozy et à sa victoire aux
municipales. Un retour de faveur qui ne lui a pas échappé d'ailleurs,
puisque l'ancien Premier ministre confesse désormais ne rien exclure
pour 2012…
Certains même en sont à évoquer le duel du futur :
Juppé-DSK. En attendant, il y a quand même quelques sarkozystes, ravis,
pour lui dire «Courage, tenez bon». A la vérité, ils ne sont pas
nombreux du tout. Mais, basta ! Sarkozy a toujours dit que c'est dans
l'adversité qu'il se révélait le meilleur. Il va falloir qu'il soit le
meilleur des meilleurs. Car aucun Président jusqu'ici ne s'est remis
d'une telle désillusion rageuse, sans en passer par un désastre
électoral ! Sarkozy peut toujours demander à Villepin comment on
organise des législatives anticipées désastreuses, qui permettraient
ensuite une présidentielle triomphante !
Nicolas Domenach


