RESISTANCE 2012

Blog résistant à la sarkolâtrie ambiante pour l'éviction du Tsar Kozy en mai 2012 ou avant si possible !

lundi 31 mars 2008

Les «bouffonneries médiatisées et peu présidentielles» de Sarkozy

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«M. Sarkozy a été puni pour toutes les bouffonneries médiatisées et peu présidentielles qui lui ont valu le sobriquet de "président Bling-Bling"». Qui l’écrit? L’éditorialiste du très reconnu New York Times.

«Pour un homme politique qui a travaillé si longtemps et si dur pour arriver à l'Elysée, M. Sarkozy a démontré de curieuses notions sur comment se conduire une fois dans la place», ajoute le journal. Un comportement qui lui a valu «la couverture de 252 magazines en 2007».

Et d’énumérer son «divorce tumultueux et son remariage presque immédiat», la brusque interruption de son interview sur la chaîne américaine CBS, l’insulte à son porte-parole qualifié «d'imbécile» et «sa remarque grossière à un type refusant de lui serrer la main».

Nicolas Sarkozy «est de loin trop bouillonnant pour devenir un clone de ses pompeux et graves prédécesseurs mais lorsque la conduite d'un homme politique interfère avec sa mission, il est temps d'appliquer une dose de discipline», conclut le NYT.

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dimanche 30 mars 2008

Quand la fameuse affaire de l'Arche de Zoé a éclaté

Texte diffusé le dimanche 25 novembre 2007 de 12 heures à 13 heures, dans l'excellente émission « La Planète Bleue » sur la chaîne de radio suisse romande «Couleur 3 », qui est une chaîne de radio très fiable à tous niveaux.

Citation :
 
Quand la fameuse affaire de l'Arche de Zoé a éclaté, curieusement, le Président Sarkozy n'est pas venu au secours des enfants victimes, ni des familles abusées, mais des voleurs d'enfants.

Pourquoi ? Pour protéger qui ? Pourquoi Nicolas Sarkozy est-il allé au Tchad chercher les journalistes français et les hôtesses espagnoles ? Pourquoi Le président français a-t-il annoncé, haut et fort, qu'il irait chercher lui-même les membres de l'association « Arche de Zoé », quoi qu'ils aient fait, mettant ainsi le feu à un baril qui n'avait pas besoin d'arrogance pour s'enflammer.

S'agit-il d'une maladresse due à la précipitation, ou l'affaire des illuminés de l'Arche de Zoé cacherait t-elle une autre affaire autrement grave, bien plus glauque, qui aurait conduit Le président français à la gaffe internationale ?

Y aurait-il des imbrications entre l'exfiltration d'enfants tchadiens vers l'Europe, l'industrie pharmaceutique, et les milieux d'affaire ?

Chaque jour qui passe voit apparaître de nouvelles questions. Pourquoi et comment l'association l'Arche de Zoé, a-t-elle bénéficié de passe-droits au ministère Des affaires étrangères, au ministère de la défense, voire au ministère de l'intérieur ? Pourquoi et comment l'association l'Arche de Zoé, a-t-elle up utiliser les avions Transal de l'armée française, pour transporter son matériel de N'Djaména à Abéché ? Pourquoi les services du ministère français de la défense, connaissaient-ils Le plan de vol du Boeing affrété par Eric Breteau, le président de l'Arche de Zoé ?

Le Boeing atterrit à Abéché, un aérodrome sous contrôle militaire tchadien et français, certains gradés français étant présents dans la tour de contrôle. C'est depuis Abéché, que, grimés en blessés, les gamins devaient embarquer dans l'avion garé en bout de piste.

Est-ce que les moyens tout à fait étonnants dont a profité l'Arche de Zoé, est-ce que la précipitation maladroite du président Sarkozy, à s'impliquer personnellement dans l'affaire, aurait un rapport avec Le financement trouble de l'association l'Arche de Zoé ? Cette affaire, qui est tout le contraire d'une histoire de pieds nickelés, soulève tellement de questions, que certains se demandent aujourd'hui, sis derrière cette bavure humanitaire, ne se cache pas une affaire d'une toute autre ampleur, une affaire d'expérimentations
thérapeutiques sur des patients pas du tout volontaires.

L'association l'Arche de Zoé est une initiative d'un organisme français Paris Biotech Santé. Elle est financée par une société de développement de produits pharmaceutiques BioAlliance Pharma, dont le propre frère du
président, François Sarkozy, est vice-président du conseil de surveillance.
Certains observateurs se demandent is BioAlliance Pharma, qui mène des recherches sur le sida et pratique des essais thérapeutiques, n'aurait pas un lien avec l'affaire des infirmières bulgares, dont la libération avait
déjà été négociée par la famille Sarkozy. Quelles sont les réelles activités de BioAlliance Pharma, dont fait partie le frère du président Sarkozy ?

La compagnie développe des médicaments pour traiter des maladies décrites comme mille fois plus virulentes en Asie du Sud-Est et dans l'Afrique Subsaharienne que chez nous. Pour développer ces traitements la société pratique des expérimentations sur des patients, comme par exemple pour le Loramic, cinq cent quarante patients répartis sur quarante sites différents à travers le monde. Stéphanie Lefèvre, la secrétaire générale de l'Arche de Zoé, est directrice adjointe de Paris Biotech Santé. Et François Sarkozy, le
frère du président, figure avec elle parmi les membres du comité d'évaluation de cet organisme spécialisé dans la recherche bio-médicale. D'où les questions qui enflent sur le web. Y aurait-il un rapport entre ces sociétés pharmacologiques, et l'intervention du président Sarkozy au Tchad. C'est comme la maladie d'Alzheimer, devenue grande cause nationale française, aussitôt après l'élection de Nicolas Sarkozy. Cette déclaration surprise aurait-elle un rapport avec le fait que son frère, François Sarkozy, siège à AEC Partners, dont le principal client est l'américain Pfeizer, leader mondial de l'industrie pharmaceutique, et spécialiste du traitement de la maladie d'Alzheimer.

Au printemps dernier, le Nigéria a attaqué devant la justice internationale le géant Pfeizer, qui aurait je cite : « effectué en 1996, de façon illégale, l'essai clinique d'un médicament, Le Trovan, sur deux cents Enfants » fin de citation. L'inventeur du Viagra aurait secrètement utilisé des enfants comme cobayes, pour tester de nouvelles molécules, sous couvert d’'aides humanitaires. Onze enfants sont morts lors de ces tests. D'autres
ont subi de graves séquelles : surdités, paralysies, lésions cérébrales, cécités. Le Nigéria réclame dix milliards de dollars à Pfeizer. C'est le Washington Post qui a révélé le scandale.

Le journal belge Sept sur Sept s'interroge lui aussi sur le rôle de Paris Biotech Santé, où travaille Stéphanie Lefèvre, la secrétaire générale de l'Arche De Zoé, et François Sarkozy le frère du président. Je cite « L'Arche de Zoé n'est pas une histoire d'amateurs. Ils sont très professionnellement organisés, et ne manquent pas de fonds et de soutiens, en tout genre. La soit disant « petite » association semble avoir préparé cette opération au Tchad, avec beaucoup de relations d'influence, et de moyens techniques et financiers. » Fin de citation.

Pourquoi le président Sarkozy voulait-il aller récupérer les militants de l'Arche de Zoé au Tchad ? Pourquoi a-t-il voulu aller récupérer les infirmières bulgares en Lybie ? Est-ce que c'est juste pour faire le beau, pour parader devant les caméras du monde entier, ou est-ce que tout en haut de l'état français, on redouterait que des choses finissent par se dire dans les geôles africaines. On évoque notamment des expérimentations humaines financées par de puissants labos de biotechnologie, sous couvert d'aide humanitaire.

Non, non, bien sûr, çà se serait de la science fiction !

Fin de citation

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samedi 29 mars 2008

Pouvoir d'achat

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vendredi 28 mars 2008

Sarkozy l'imposteur

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La grande manipulation, dénonciation d’une imposture

Olivier Bonnet, journaliste, termine un ouvrage sur Sarkozy sous le titre, "La grande manipulation" dénonciation d’une imposture.

"L’écran de fumée créé par l’omniprésente communication présidentielle résiste mal à un travail de vérification journalistique point par point, jour après jour. Olivier Bonnet, auteur de "Plume de presse", se livre à cette dissection méthodique du discours et des actes, les remet en perspective et les confronte aux faits. Sous une plume acerbe et caustique, son analyse prend alors la forme d’une implacable démonstration : le "sarkozisme" repose avant tout sur une stratégie de l’imposture permanente."

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jeudi 27 mars 2008

Onze sites pour suivre l'actualité différemment

Entre les journaux, la télé, la radio et Internet, les sources d'information sont légion. Mais peut-être cherchez-vous une actualité traitée différemment, avec une liberté de ton, des news inédites et sans concession ? C'est à ce genre d'exigences que veulent répondre ces sites dits indépendants qui fleurissent sur le Net.

 

A leur origine, des journalistes, des intellectuels, des experts qui ne veulent plus être tributaires des choix éditoriaux dictés par leur hiérarchie ou subir les pressions des financiers ou des pouvoirs politiques. Certains ont donc fait le pari de lancer un site d'information dénué de publicités, seule manière pour eux de s'assurer une indépendance éditoriale.

 

Ces sites font aussi la part belle au journalisme citoyen. L'actualité n'est pas seulement le fait d'une « intelligentsia », les citoyens constituent un réseau d'informateurs hors pair et chacun est invité à relater des faits dont il a pu être témoin. Il peut s'agir d'articles, de photos ou de films pris avec un téléphone. Bien sûr, pour éviter la publication d'articles diffamants ou infondés, ces sites sont dotés d'un comité de relecture, qui a droit de regard pour que l'article soit mis en ligne selon les règles éditées par le site. Tous ne possèdent donc pas la même qualité éditoriale, certains privilégiant les opinions, le cinglant, les images chocs aux enquêtes approfondies.

Néanmoins, ces sites gagnent petit à petit la reconnaissance de leurs pairs. Les articles du Bondyblog et d'AgoraVox sont désormais repris sur le portail de Yahoo!. Mieux, les infos dévoilées par Rue89 et Bakchich sont couramment citées dans la presse traditionnelle.

Rue89
Arrêt sur images
Six35
Bakchich Info
Le Post
La Télé libre
Agora Vox
Bondy Blog
Desourcesure
Acrimed
Webtrotteurs des quartiers

Et aussi :

Mediapart
Mediapart ouvre ses portes ce mois-ci. La Une du journal est cependant déjà en activité depuis quelques semaines. Ce journal, qui vise la « qualité, l'indépendance, la pertinence, l'exclusivité », a opté pour un modèle économique payant pour atteindre ses objectifs. L'abonnement sera de 9 euros par mois, les étudiants et chômeurs bénéficiant d'un tarif réduit de 5 euros.

Indymedia
Ce réseau fédère des médias indépendants d'Europe, d'Afrique, d'Asie, d'Amérique Latine... Son but est d'offrir des informations et des récits exacts et passionnés. Il faut donc vous attendre à un traitement assez mordant de l'actualité. Pour la France, il existe une antenne à Lille et à Paris.

ContreInfo
 Contre Info se concentre aussi bien sur l'actualité française qu'internationale. Estimant que les mêmes points de vue d'experts sont répétés à satiété, Contre Info veut diffuser en France des opinions non occidentales et donner la place aux infos passées sous silence non diffusées par les médias.

Rezo
Ce portail agrège les contenus de divers blogs et de sites retenus pour leur intérêt par leurs fondateurs. Le mélange est détonant : on y trouve des news extraites de Bakchich, d'Acrimed, du Monde diplomatique ou de médias moins connus comme L' En dehors, une revue anarchiste.

Sans oublier bien sûr, pour ceux qui ont une bonne dose d'humour noir, le célèbre et incontournable blog satirique Sarkostique , le régal au petit déjeuner !


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mercredi 26 mars 2008

En mai 68, dix millions de grévistes qui occupent leur entreprise : du jamais vu

40 ans après, la réécriture de mai 68 va bon train. Dans les médias, sur les plateaux de télévision l’évènement est dépolitisé on n’en retient, pour le meilleur et pour le pire, que le mouvement étudiant, que les changements de mentalité, la modernisation des mœurs, la liberté  de la sexualité, les effusions hédonistes, l’explosion de la parole. En 1968 les mêmes évolutions se produisirent dans de nombreux pays. Ce qu’il faut effacer aujourd’hui c’est la conjonction du soulèvement de la jeunesse, et l’irruption de la classe ouvrière dans une grève générale inégalée en occident. Ils ont peur de mai 68. Les princes qui nous gouvernent ont toujours peur de la convergence des luttes de la jeunesse et du monde du travail, ce fut encore le cas en 2006 pour battre le CPE. Faire le silence sur les acquis de mai 68, et dénaturer le déroulement des évènements, tel semble être l’objectif de la campagne médiatique qui accompagnera le 40ème anniversaire de mai 68.

En mai 68 existait une accumulation de mécontentement de caractère revendicatif, à l’université comme dans les entreprises. Elle a fait mûrir un climat de tensions sociales fortes qui a pris la dimension que l’on sait. Dès 1967, il y avait une montée en puissance de mouvements étudiants en Italie, au Mexique, au Brésil, en Tchécoslovaquie. Il est juste de dire qu’en France les étudiants furent l’étincelle qui mit le feu aux poudres. Le 10 mai la nuit des barricades de la rue Gay Lussac a tout précipité. Encore fallait-il un stock de poudre suffisant pour que l’explosion ait le retentissement qu’elle a eu au plan national et international. Avec le recul on peut dire que mai 68 n’aurait revêtu que les éclats d’une révolte étudiante si le monde du travail et de la création, la classe ouvrière, n’était montée en première ligne. L’évènement changeait alors de nature et d’amplitude.

Le "tous ensemble étudiants travailleurs" fit défaut surtout à Paris. En province dans de nombreuses villes des rencontres des débats entre étudiants et travailleurs eurent lieu à l’intérieur d’ entreprises occupées, ce qui se révéla positif. Les responsabilités de cette situation ne peuvent être éludées. Au départ le mouvement ouvrier était sur la même longueur d’onde que les étudiants concernant la démocratisation et la réforme de l’université, ou la lutte contre la guerre au Vietnam. Des difficultés sont apparues à partir du moment ou les dirigeants étudiants les plus en vue,ont voulu substitué à des objectifs revendicatifs des objectifs politiques, proclamant qu’il y avait "une situation révolutionnaire" permettant de renverser le capitalisme, d’établir un pouvoir ouvrier. Certes la frousse avait gagné le pouvoir et le patronat, le système pliait mais la suite montre qu’il n’a pas rompu. Ils tentèrent d’entraîner les travailleurs et le mouvement démocratique dans l’épreuve de force en vue de renverser le pouvoir, y compris par la force. Une campagne d’intoxication était menée destinée à faire croire que l’état gaulliste était liquéfié, qu’il n’y avait qu’à se baisser pour le prendre. Entre le 25 et le 30 mai, De Gaulle ayant disparu, le mouvement ouvrier était invité à l’affrontement, à prendre des positions qui auraient permis au pouvoir de crier à l’illégalité, à faire appel à l’armée du général Massu stationnée en Allemagne, pour faire respecter sa "légitimité". Le recours aux méthodes de force primait au sommet de l’état et du parti gaulliste.

François Mitterrand, Mendès France, Rocard alors dirigeant du PSU, les principaux responsables de la CFDT et du mouvement étudiant participaient à cette opération aventuriste. Ils exprimèrent clairement leurs objectifs au meeting du stade Charlety le 27 mai. Le piège fut déjoué, le peuple dans sa masse profonde était hostile à pareille aventure, les élections législatives de juin 68 le montrèrent. S’engager dans cette voie était conduire au massacre les travailleurs et la jeunesse. Invités des plateaux de télévision les dirigeants étudiants de l’époque - notamment Cohn- Bendit – gagneraient à faire leur autocritique en condamnant le sectarisme et l’aventurisme qui les habitaient en mai 68.

Faire le silence sur les acquis des luttes de mai 68 est aussi un objectif poursuivi par celles et ceux qui veulent "effacer mai 68 (*)". Sous la pression de 10 millions de grévistes qui occupaient leurs entreprises la force de persuasion est bien plus grande que dans les réunions qui se tiennent dans les salons de l’Elysée, à la Lanterne de Versailles, ou dans les ministères. En mai 68 les salariés ont obtenu des acquis plus importants, et dans des domaines plus diversifiés qu’en 1936. Il n’y a pas eu seulement le "constat de Grenelle" avec l’augmentation du SMIG de 35% celle de 55% du salaire minimum agricole, la législation du droit syndical à l’entreprise, le paiement des jours de grève à hauteur de 50%. Début juin les négociations par branches professionnelles complétèrent de manière substantielle le constat de Grenelle. Elles se déroulèrent le plus souvent sous la pression des entreprises toujours en grève et occupées. Le souffle de mai 68 se fit sentir jusque dans le milieu des années 70, avec des acquis sociaux et démocratiques importants pour le monde du travail et de la création.

En ces temps de recul de civilisation les enseignements essentiels, la signification des luttes de mai 68 ne doivent pas être connus et encore moins être reconnus, ni donner envie de s’en inspirer. Il ne faut surtout pas nourrir l’idée que des crises sociales aigues peuvent mettre l’existence du pouvoir économique et politique en cause. Il en est de même de l’expérience de grands mouvements victorieux, décidés à la base par les travailleurs eux-mêmes, imposant des avancées significatives. Mai 68 c’est la confiance en ses propres forces, le rôle de la grève politique qui se combine avec d’autres formes de lutte, en particulier les grandes manifestations de rue. L’autogestion des grèves et de l’occupation des entreprises qui ne furent l’objet d’aucun mot d’ordre national. Sur la base des informations soumises à l’appréciation des travailleurs réunis en assemblée générale ceux-ci discutaient, prenaient des décisions, et votaient. Toutes ces idées aujourd’hui dangereuses doivent disparaître. Elles ne doivent pas être enseignées aux jeunes générations. Pourtant l’histoire de notre pays nous apprend que pour avancer, pour vaincre les résistances des forces de l’argent, il faut passer par le conflit et non pas par la collaboration de classe. La lutte fait partie intégrante de la démocratie. Comment construire des rapports de force sans lutte de classes ? Puisons donc dans les enseignements de mai 68 pour vaincre les divisions, l’esprit de capitulation. Mai 68 est ineffaçable, retournons sa force contre la politique de Sarkozy et du MEDEF, ils seront battus.

Et si, en Mai 2008, 40 ans après vous preniez enfin votre destin en main...

Ne nous laissons pas déposséder de notre Histoire, à nous toutes et tous de continuer à l'écrire.

(*) paroles de Sarkozy

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mardi 25 mars 2008

Les élus dilapident l’argent public et s’en mettent plein les poches

Ceux-là mêmes qui votent les lois contre les plus fragiles n’ont cessé d’augmenter leurs indemnités et de s’octroyer des avantages financiers liés à leurs fonctions ou mandats. En quelques décennies, les élus français sont devenus une caste qui en croque sans vergogne alors qu’elle exige tous les sacrifices de la part des Français les plus exposés aux difficultés financières : chômeurs, jeunes, retraités, salariés précaires. En revanche, même en période de, soi-disant, vache maigre, la caste des élus ne songe jamais à se serrer la ceinture, l’affaire des luxueux logements de fonction des ministres UMP Gaymard et Copé en est un exemple lamentable. Un sénateur coûte 2500 euros par jour ! Un ASS ou un RMISTE doivent se contenter de... 14 euros par jour pour tenter de survivre !

10 millions de Français ne survivent que grâce à la solidarité inscrite dans les lois de protection sociale depuis la Libération. Si d’aventure la frange la plus fragile de la population devait subir les conséquences des coupes sombres budgétaires que M. Sarkozy, patron de l’UMP, veut imposer, ce serait intolérable. Car, comparés aux scandaleux gaspillages de l’argent public dont sont coupables ou complices les gouvernants avec l’aval ou la participation de nombre d’élus français depuis des décennies, les soi-disant déficits n’ont qu’une importance relative. D’autant plus qu’ils sont essentiellement conjoncturels et consécutifs à des choix budgétaires d’inspiration ultra libérale, et non structurels comme certains membres de l’UMP et du MEDEF, ainsi que des syndicats (CFDT) veulent le faire croire.

Pour ceux-là au pouvoir, il est plus aisé de pourchasser de leur vindicte les exclus du système et de traquer l’intelligence que de récupérer les 50 à 100 milliards annuels engloutis par la corruption et les gaspillages monstres constatés à tous les niveaux de l’organisation institutionnelle et administrative française.

France : des milliards dans la corruption
La baisse de l’activité économique est aggravée par la gangrène de la corruption. La France est, parmi les 40 pays les plus développés, celui qui, depuis quelques années, créé le moins d’entreprises nouvelles. La corruption ne serait pas étrangère à ce piètre résultat... La France est perçue par les libéraux et chefs d’entreprise des pays « développés » eux-mêmes comme l’un des pays où la corruption sévit le plus fortement. Le préjudice financier est difficile à évaluer précisément, il est cependant estimé à plusieurs (voire dizaines de) milliards d’euros par an !
Parmi quelques scandales financiers qui ont défrayé la chronique : affaires politico-financières (UMP ex-RPR : HLM de Paris, emplois fictifs ; PS : Urba), Crédit Lyonnais, Elf, France-Telecom, Exécutive Life, etc. Ce n’est pas le récent assouplissement des règles d’attribution des marchés publics qui limitera la corruption, au contraire ! Les sociétés bailleuses de fonds de l’UMP, principales bénéficiaires des marchés publics (travaux publics, distribution de l’eau, etc.), ont encore de beaux profits à réaliser sur le dos des contribuables... pour la plus grande satisfaction de leurs actionnaires. En 1984, 69 élus (ou dépositaires de l’autorité publique) ont fait l’objet d’une condamnation pour délinquance financière. (20 ans plus tard, les élus délinquants épinglés par la justice sont quatre fois plus nombreux !)

Un Etat qui engraisse 346 sénateurs inutiles : 2 milliards gaspillés
Au niveau national pourquoi continuer à engraisser 346 sénateurs, (ils n’étaient que 321« ringards inutiles » jusqu’en septembre 2004) ? Non seulement cette institution vieillotte fait double emploi avec l’Assemblée nationale, mais la plupart des sénateurs cumulent mandats et fonctions ? (Un sénateur coûte 70 à 80 000 euros par mois) à la collectivité en incluant ses avantages exorbitants et les frais de fonctionnement somptuaires de ce temple de l’Inutilité qu’est le Sénat !
Au total, quelques milliards d’euros pourraient être bien mieux employés. Par exemple, pour éviter ou combler ces pseudo déficits dont les médias gouvernementaux (les 3 chaînes de France Télévision) que nous finançons, contre notre gré, par la redevance) nous rebattent les oreilles. En 1969, ce n’est pas un hasard si De Gaulle lui-même voulait supprimer le Sénat qu’il appelait « le machin ». Si au moins cette chambre était un contre-pouvoir face à l’Assemblée nationale ! Ce n’est pas le cas ! Quoi qu’il advienne, les députés ont le dernier mot.

4000 conseillers généraux inutiles. 2500 structures intercommunales qui font double-emploi avec les 31424 communes regroupées (sur 36600)
Au niveau local, il existe des structures inutiles qui font également double emploi. C’est le cas des Conseils généraux avec les Conseils régionaux. Un conseiller général coûte en moyenne plus de 3000 euros par mois, sans compter les frais de fonctionnement du Conseil général. Pourquoi entretenir près de 4000 conseillers généraux, très peu « accaparés » par la gestion de leur département, alors que les 1880 conseillers régionaux (peu occupés par leur mandat) pourraient parfaitement se charger de cette tâche ?
Depuis 2000, 2461 groupements de communes et autres EPCI (établissements publics de coopération intercommunale) se sont superposés aux communes en s’attribuant certaines de leurs compétences. Les élus cumulards y ont trouvé une source de revenus supplémentaires. Les quelque 10000 présidents et vice-présidents de ces EPCI étant désormais rémunérés à hauteur de 75% des indemnités de maire ou d’adjoint, ils se font une gratte de 2000 à 3000 euros par mois... sans aucun effort !

La gabegie au plan local : des dizaines de milliards qui partent en fumée
Au niveau des communes, depuis les lois de décentralisation, c’est la gabegie des deniers publics avec des maires totalement irresponsables qui endettent leurs communes à cause d’investissements hasardeux dans des réalisations de prestige ou des opérations autant inutiles que coûteuses (études, conseils, renégociations de dette, etc.), le plus souvent motivées par des considérations électoralistes ou clientélistes. Les dépenses de fonctionnement ont elles aussi explosé au cours des dernières années !
Dans les villes où les services sont effectués par les employés de la commune, beaucoup d’adjoints se révèlent inutiles et ne sont là que pour faire de la figuration. Cela ne les empêche nullement d’émarger, entre 800 et 2000 euros par mois pendant 6 ans. 2624 villes de plus de 3500 habitants sont concernées par ces dérives. 30 % des maires sont des retraités (2 fois plus qu’il y a vingt ans) qui cumulent leurs indemnités avec leurs retraites... Les dotations financières versées par l’état aux collectivités locales représentent près de 60 milliards d’euros, sans réel contrôle de l’utilisation de l’argent des contribuables. Et pour cause : à la fin des années 90, les sénateurs, gardiens des gaspillages, ont limité les pouvoirs d’investigation des Chambres régionales des comptes dans leur mission de contrôle des finances des collectivités territoriales.

Les élus : une caste de profiteurs inefficaces
Les mêmes, qui prétendent imposer des sacrifices aux plus faibles, n’ont cessé au cours des dernières années d’augmenter leurs indemnités.

- + 70% pour les ministres en 2002
- + 60 % pour les députés et sénateurs depuis 1994
- + 40% pour les maires et maires adjoints depuis 2000

Autre aberration spécifiquement française : le cumul des mandats et des fonctions. 80 à 90% des 1001 parlementaires actuels (577 députés, 78 députés européens, 346 sénateurs) sont des cumulards qui gagnent 25 à 30 000 euros par mois ! Trop nombreux, cumulant les privilèges et autres avantages ou prébendes, les élus français sont beaucoup trop grassement payés par rapport à leur utilité ou leur efficacité. A titre de comparaison, proportionnellement la France entretient, à grand frais pour les contribuables, 2 fois plus de parlementaires qu’en Allemagne et 7 fois plus qu’aux Etats-Unis !

Budget de l’Etat 2004 : 344,9 milliards d’euros Comparaison des budgets 2004 (en milliards d’euros) :
- Dépenses communes de l’Etat : 100,4 (29%)
- Frais de fonctionnement de l’Etat : 12,4 (3,5%)
- Collectivités locales : 58,7 (17%)
- Social et emploi : 48,7 (14%)
- Défense nationale : 41,6 (12%)
- Union européenne : 16,4 (4,75%)
- Intérêts de la dette : 38,6 (11%)
- Autres : 28,1 (8%)

Il serait intéressant de refaire le calcul avec le budget 2007 et les 206 % d'augmentation du salaire de Sarkozy !

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lundi 24 mars 2008

Vie de chantier invisible

Mariane_logoPour comprendre et raconter le monde du bâtiment, le sociologue Nicolas Jounin s'est fait embaucher dans des chantiers. Son ouvrage « Chantier interdit au public », lève le voile sur les conditions de travail des ouvriers du bâtiment. Extraits.

Bienvenue dans le monde des ouvriers du bâtiment. Vous savez, celui des chantiers, de la boue, du bruit des marteau-piqueurs, des défis techniques, de la force physique, du travail en équipe au grand air. Du racisme quotidien aussi, d'un déni total du droit du travail, de l'immobilité sociale.
C'est ce que révèle l'intéressante lecture de l'étude de Nicolas Jounin, maître de conférences en sociologie à l'Université Paris VIII, «Chantier interdit au public, enquête parmi les ouvriers du bâtiment».

Noir = manoeuvre = «Mamadou»
Sa méthode de travail est simple : se faire embaucher, un an durant, sur différents chantiers de Paris et ses environs, et observer. Ce qu'en sociologie on appelle « observation participante » permet de rapporter de l'enquête bien plus que des chiffres, déjà éloquents (par exemple, 77% de ces travailleurs du bâtiment sont des intérimaires) : le point de vue d'un sociologue «embedded» sur la pénibilité du travail, la précarité des intérimaires et le peu de cas que les géants du bâtiment font de leur main d'œuvre.
Et aussi bien au cours des descriptions que des extraits d'entretiens menés auprès d'ouvriers, de chefs de chantiers, de responsables d'agences d'intérim, ou encore de cadres des entreprises de construction, le constat est saisissant.
On y apprend que les noirs sont des « Mamadous », qu'ils sont la plupart cantonnés aux travaux de manœuvres. Qu'ils ne peuvent pas espérer progresser en apprenant un métier qualifié, puisque rien n'est prévu pour leur apporter cette qualification. Puisqu'ils sont noirs, et donc manœuvres. CQFD.
On y apprend que tous les ouvriers du bâtiment ne se valent pas, et que les castes sont imperméables. Les noirs, les manœuvres donc, ne côtoient pas les maghrébins ferrailleurs, qui ne côtoient pas les coffreurs qualifiés, qui à la rigueur peuvent côtoyer les chefs, qui sont blancs, donc français (même s'ils sont portugais, d'ailleurs).

Le droit du salarié n'est qu'un mot
On y apprend que les agences d'intérim sont les servants externalisés d'une demande de main d'œuvre à bas prix, corvéable à merci et très, très flexible, susceptible en fait d'être mise à la porte verbalement et dans l'heure. Et peu importent le code du travail, les contrats, l'intérim n'est qu'une organisation, très organisée d'ailleurs, de la précarité.
Les règles de sécurité, aussi, qui font bien rigoler les ouvriers soumis aux cadences infernales, sauf les jours de visite des inspecteurs, où chaque règle est respectée avec un soin religieux. Une fois n'est pas coutume.
Finalement, cette étude pourrait paraphraser Bourdieu, qui, voyant l'immense diversité de destin des jeunes, disait «La jeunesse n'est qu'un mot», sans réalité concrète et homogène. Ici, pourrait-on dire, «la règlementation du travail n'est qu'un mot». Ou bien : «Le droit du salarié n'est qu'un mot».

EXTRAIT

L'intérim des manœuvres : une discrimination Inversée ?

C'est en septembre 2001 que je recherche pour la première fois des « missions d'intérim », comme manœuvre. Ces premiers temps sont laborieux, la recherche longtemps infructueuse. Avant de trouver – et encore bien après – j'entendrai plusieurs réflexions du type : « je ne sais pas si c'est pour vous », « je pense que vous seriez mieux dans la manutention ». Je crois un moment que c'est ma carrure, peu athlétique, qui me disqualifie. Mais d'autres ne sont pas plus costauds que moi et obtiennent des missions. En revanche, ils sont noirs, et cela fait une différence.
Discrimination ? Certes, mais peu valorisante pour ceux qui en sont les « bénéficiaires ». Un commercial d'intérim m'expliquait en entretien, alors que je lui demandais s'il rencontrait des difficultés pour trouver des manœuvres :
« Oui, oh bah là, il y en a. De toute façon, des boubous, il y en a. C'est pas ça qui manque (rires). On les appelle les boubous, les Noirs, quoi. (…) S'il y a un Français qui me dit « je suis manœuvre », je lui dis « j'ai rien du tout ». Je le mettrai pas de toute façon, parce que c'est pas vrai, le mec il le fera pas. Le mec il ira pas sur les chantiers, avec un temps comme ça, prendre la pelle, charger, le mec il le fera pas. Non, non, manœuvre, c'est boubou, quoi. Le problème, c'est que le Français, il aura pas la même culture, donc il se fera pas… L'autre là-bas, boubou, il va aller sur le chantier, le chef il va lui secouer les plumes « tiens tu fais ça, tu vas là, tu montes ça », bon il va le faire. Il en a rien à foutre, lui , il est là pour bosser, il faut qu'il ramène un peu de pognon, de toute façon il a une partie de sa famille à nourrir là-bas. (…) Demande à un Français d'aller de l'autre côté de Paris, de se lever de bonne heure. Ca tu peux t'accrocher, le mec tu peux l'attendre. Mais le boubou il y sera. Même s'il n'y a pas le métro, il ira à pied, il se démerdera. Ca… C'est toute la différence, elle est énorme. »

Je finis pourtant par trouver une première puis une deuxième mission, toutes deux sur des chantiers de rénovation. A chaque fois, une seule journée. Le temps de porter des plaques de placo ou des sacs de gravats, aux côtés d'un autres manœuvre. Le temps de découvrir des douleurs et des muscles inconnus jusque-là. Le temps de découvrir que je ne suis pas le seul à en souffrir : j'ai obtenu une de ces missions parce qu'un précédent manœuvre l'avait abandonnée, la trouvant trop dure. Le temps de découvrir le dilemme de l'intérim : pour allonger sa mission il faut plaire au chef en travaillant bien, mais il faut aussi faire traîner le travail en longueur. Le temps, enfin, d'être déclaré « brave » et « courageux » par le responsable du second chantier. Cela ne me garantit pas d'avoir du travail, mais du moins Dominique – la commerciale d'intérim qui m'a embauché, jusque-là soupçonneuse – m'a-t-elle adoubé. « C'est Nicolas, un jeune-qui-n'en-veut. Je l'aime bien, lui au moins je le reconnais, c'est pas comme tous ces noirs », me présente-t-elle à l'un de ses collègues. Le problème, c'est que l'activité est en berne et que les missions se font plus rares. Je ne suis pas encore vraiment un fidèle de l'agence, Forcintérim, et Dominique dit ne pas me donner de mission de marteau-piqueur « parce que c'est trop space ».
Alors je prospecte les agences du coin, le boulevard Magenta et ses alentours, comme des centaines de candidats, principalement à des postes de manœuvre, principalement noirs. C'est presque toujours le même scénario : le candidat entre, demande s'il y a du « boulot », on lui répond « pas pour le moment » ou simplement « non », et le candidat part pour une autre agence. Parfois, le candidat se fait insistant, veut qu'on l'inscrive sur les listes de l'agence ou demande s'il peut téléphoner plus tard pour savoir s'il y a du travail. Mais on lui répond encore par la négative : « non, on a plein de manœuvres déjà, donc on ne préfère pas. Il faut repasser vers 17 heures. »
Ce n'est pas seulement parce que la conjoncture est mauvaise que les agences d'intérim suggèrent aux candidats de repasser, c'est aussi qu'elles les jaugent à leur pugnacité. « J'aime bien le passage physique, explique une commerciale en entretien. C'est des gens motivés, qui cherchent du travail. Des fois c'est contraignant, parce que je suis dérangée, je suis en ligne, c'est vrai. Mais j'aime bien le geste, le fait qu'ils se déplacent, et je vais les privilégier. » Ainsi, avant d'être manœuvres, les candidats ont déjà accompli un immense travail de prospection. Par leur recherche itinérante ils contribuent, de manière invisible et gratuite, à la rencontre de l'offre et de la demande.
Pris, à l'automne 2001, entre mes obligations universitaires et la conjoncture défavorable du bâtiment, je tarde à trouver une nouvelle mission. Je décide alors d'interroger des manœuvres, mais aussi leurs employeurs directs : les commerciaux d'intérim. Ces derniers donnent des manœuvres l'image d'un personnel d'appoint : indispensable, certes, mais accessoire. Puisque les agences ont pour unique fonction de vendre de la force de travail, négocient avec des entreprises utilisatrices le prix à payer pour « leurs » intérimaires, et réalisent un profit sur cette seule vente (et non, comme l'ordinaire des employeurs, sur le produit réalisé grâce à la force de travail), elles sont amenées à exprimer crûment ce que valent leurs salariés dans ce système : non seulement ce que ces derniers méritent de gagner, mais aussi ce qu'ils méritent de rapporter. Je demande ainsi à une directrice d'agence si les ma noeuvres rapportent plus ou moins que les ouvriers qualifiés :
« Quoi, les maliens ? Ah non, non non. Les Maliens nous rapportent très peu. Eux, c'est sur la quantité. C'est si on en place beaucoup, et on n'est pas emmerdé. Voilà où ils sont intéressants. C'est-à-dire, comme je vous disais tout à l'heure, ils y vont. Ils vont travailler, ils ne font pas d'histoires sur les chantiers, ils volent pas de marchandises, ils font leurs huit heures par jour, il n'y a pas de problèmes. C'est pas des gens qui vont manquer, c'est pas des gens qui vont tomber malades, c'est pas des gens qui vont se dire « ce matin je me lève pas, je vais pas aller travailler », vous comprenez, comme ceux des qualifications souvent. C'est pas avec eux qu'on gagne de l'argent, non. ( …) Si vous voulez, en fait, c'est un palliatif, le manœuvre. L'entreprise prend deux maçons, et elle prend deux manœuvres. Je sais pas si vous voyez. On prend pas des manœuvres tout seuls. »

On notera au passage la traduction spontanée de « manœuvre » par « Malien » : pour cette commerciale, c'est une seule et même chose. Et comment pourrait-on le lui contester, puisque c'est elle, avec d'autres, qui fabrique cette réalité, cette superposition entre qualification et origine ?
Dans cette main-d'œuvre, apparemment indifférenciée et si abondante – les agences disent voir passer jusqu'à trois cents candidats par jour – les commerciaux puisent comme ils l'entendent. Certains manœuvres ont des titres de séjour et le droit de travailler, d'autres non. Cela fait-il une différence ? Ce n'est pas évident : ceux qui ont des papiers n'ont généralement que des titres de séjours d'un an, pas si solides que ça. Lors de leur renouvellement, le fait d'avoir un emploi n'est pas anodin. Aussi, pour réguliers qu'ils soient, ces manœuvres-là ne sont pas forcément plus regardants sur les conditions de travail que leurs collègues sans papiers. Dans le gros œuvre, à la différence peut-être d'autres secteurs, il n'y a pas vraiment de « ghetto » de sans-papiers. Ils occupent certains métiers plus que d'autres (manœuvres et ferrailleurs), mais travaillent toujours aux côtés et dans des conditions proches de leurs collègues réguliers. Néanmoins, ils ont encore moins de possibilités de protester : ils le savent, et leurs employeurs aussi. Qu'on en juge au vu des témoignages, plutôt contradictoires, recueillis au sein de l'agence Forcintérim.
Koïta, un manœuvre mauritanien sans papiers (bien que son père, déjà, ait travaillé en France durant toute sa vie active et obtenu la nationalité française), est un salarié régulier de Forcintérim :
« Ils savent que j'ai des faux papiers. C'est pour ça, ils ne me donnent jamais de longues missions. Ils me prennent pour des missions que personne ne veut faire parce que j'ai des faux papiers. Une fois, il fallait faire du marteau-piqueur en sous-sol. Plusieurs personnes avaient déjà refusé parce qu'elles trouvaient ça trop dur, c'est pour ça qu'ils m'ont appelé. »

Dominique, la responsable de l'agence, reconnaît employer ponctuellement des sans-papiers :
« Des faux papiers, il y en a tout le temps. Il y en a qui doivent se faire plein de fric avec ça, c'est dégueulasse. Alors on en prend un ou deux de temps en temps pour rendre service, mais il ne faut pas non plus pousser. »

Mais un autre commercial de Forcintérim exhibait moins la générosité du geste que son utilité :
« - Et vous en prenez, des fois, des personnes dont vous savez que les papiers sont faux, qui n'ont pas de papiers ?
- oui
- pour leur rendre service ?
- Oh non, pour rendre service, non, mais des fois attends, on a besoin d'un manœuvre pour un truc, un ou deux jours, ça porte pas préjudice, qu'est-ce qu'on en a à foutre ? C'est pas tout le temps, mais ça arrive de temps en temps, il faut être honnête. De toute façon, qu'est-ce que tu veux faire ? Quand on n'a pas le choix. (…) Et puis, si on retire tous les faux papiers, je vais te dire, sur cent gus, il y en a trente au moins qui ont des faux papiers, alors… Et puis nous, c'est pas de notre ressort. »

Quelques mois plus tard, dans cette même agence, une autre commerciale rejette un candidat pour cause de faux papiers : « Là c'est trop flagrant. Ils ne sont pas roses, ils sont fuschia ! Je ne vais pas te prendre avec des papiers pareils ! » Reproche ambigu : ce n'est pas la contrefaçon qui est en cause, mais le fait qu'elle soit grossière. « Reviens avec des faux papiers plus propres », semble dire cette commerciale. Car si personne n'est dupe de la situation, en revanche les faux papiers des intérimaires permettent aux agences de se couvrir et de jouer les victimes en cas de contrôle.
Un jour de novembre 2001, l'agence Forcintérim m'envoie enfin en « mission ». Dominique me dit de venir le lendemain, à 7 heures. A l'heure dite, l'agence n'est pas encore ouverte. Il y a là dix Africains qui attendent dans la nuit, en silence. L'un d'eux me demande quand l'agence va ouvrir, je réponds que je n'en sais rien. Cinq autres arrivent encore, plus cinq ou six Maghrébins. Finalement, à 7h30, Dominique arrive et se gare en double file. Elle entre par une porte de côté, et la lumière éclaire soudain notre bout de trottoir. Elle passe environ cinq minutes au téléphone, puis nous ouvre la porte de l'agence. On s'engouffre. Elle s'adresse à la vingtaine de personnes qui lui fait face de l'autre côté du comptoir : « J'ai pas manœuvre ce matin. Ce qu'il me faut, c'est un ferrailleur. » Cinq ouu six mains se lèvent : tous les Maghrébins. Dominique demande les certificats de travail et les papiers, pour les vérifier. Avec une pointe d'agacement, elle réitère son annonce qui était restée sans effet : « J'ai pas manœuvre ce matin. » Une dizaine de personnes finissent parr partir. Dominique me donne mon ordre de mission – juste une adresse et le papier à remettre à l'entreprise, mon contrat peut bien attendre – pour un chantier de construction au cœur de Paris. Un homme d'une quarantaine d'années me dit «C'est toi qui as eu de la chance, ce matin. Bonne journée.»
(© La découverte)

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 Chantier interdit au public, enquête parmi les ouvriers du bâtiment de Nicolas Jounin est publié aux éditions La Découverte.

 

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dimanche 23 mars 2008

Le Président impuissant

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samedi 22 mars 2008

Le chiffre officiel de la hausse des prix

Après la polémique de février sur l'ampleur de la hausse dans la grande distribution, l'Observatoire des prix rend son verdict : +4,69% sur un an.
Mais ce chiffre global masque de fortes disparités et des hausses concentrées principalement sur fin 2007-début 2008.

Les chiffres ont été vendredi par le ministère de l'Economie : la hausse des prix des produits alimentaires, d'hygiène et d'entretien dans les grandes surfaces a été de 4,69% entre février 2007 et février 2008, selon l'Observatoire des prix et des marges. L'essentiel de l'augmentation, observée sur les prix de 100.000 produits de grande consommation relevés dans 5700 grandes surfaces, "a porté sur la période fin 2007-début 2008", note l'Observatoire. Soit une hausse "supérieure au taux général d'inflation" de 2,8% sur un an en février, "mais très largement inférieure aux taux relevés par le magazine 60 millions de consommateurs".

Une polémique avait éclaté fin février après la publication par le mensuel de l'Institut national de la consommation, d'une enquête affirmant que les produits alimentaires avaient vu leurs prix s'envoler de 5% à 48% entre novembre et janvier. Selon l'Observatoire des prix, les augmentations les plus importantes ont été constatées sur les produits qui ont subi les hausses les plus fortes des matières premières : pâtes alimentaires (+16% sur un an), oeufs (+14%), lait (+12%), beurre (+10%), farine (+10%), riz (+9%), fromages (+8%), yaourts (+7%). En revanche, les prix des produits d'hygiène et d'entretien "ont généralement diminué sur la même période", selon le ministère qui a toujours contesté les résultats de l'INC. Par ailleurs, les produits premiers prix, où la matière première est prépondérante par rapport aux autres éléments de coûts (emballage, marketing) ont commencé à augmenter plus tôt, et leurs prix progressent davantage que les produits à marques de distributeurs (MDD) ou de grandes marques, indique le ministère.

+7,1% entre novembre 2007 et janvier 2008

Le ministère fournit aussi des données sur la période entre novembre 2007 et janvier 2008, à partir de l'enquête menée par les inspecteurs de la Direction de la consommation dans les 14 centrales d'achat des sept enseignes de distribution. En moyenne, les prix aux consommateurs ont augmenté de 7,1% au cours de cette période. Les évolutions les plus significatives ont été enregistrées avec les produits laitiers, notamment le lait (+13,4%), la crèmerie (+12,1%) ou encore le fromage (+11,5%) et les yaourts (+9,9%). En revanche, les biscuits (+0,8%), le jambon (+0,6%) et les biscottes (+2%) ont évolué moins rapidement.

Concernant les marges, la hausse moyenne du prix aux consommateurs est "légèrement supérieure à celle du prix net facturé par les fournisseurs (+6,7%)", souligne le ministère. Selon l'Observatoire, les distributeurs ont augmenté leurs marges pour le camembert, les céréales et le jambon, et les ont réduites pour les pâtes, le lait ou encore le riz.

"Le gouvernement poursuivra son action pour apporter les meilleures réponses" à ces augmentations, conclut le communiqué (sic !). Le document rappelle que le projet de loi de modernisation de l'économie "comprendra des mesures fortes destinées à développer la transparence et la concurrence dans les relations commerciales, au bénéfice des consommateurs". Vous voilà officiellement prévenus, votre salaire, votre retraite restera strictement identique !

Le camelot, candidat aux présidentielles, devenu depuis hyper président excité du pouvoir d'achat et de la croissance avec ses dents, (sa dentition est-elle encore bonne ?), se garde bien de commenter ces chiffres qu'il sait officiels, donc ne relatant pas la vraie vie des citoyens.

Rendons cependant à Sarkozy ce qui est à César, en reconnaissant qu'il a réellement tenu sa promesse d'augmentation du pouvoir d'achat, lors de son accès au trône, en augmentant son salaire présidentiel de 206 % !   Vous comprendrez qu'à ce prix il ne peut y en avoir pour tout le monde...les caisses étant vides, dixit Sarko Le Terrrible (référence au nouveau sous-marin).

L'Elysée vous souhaite un bon appétit en cette période de joyeuses Pâques... Comment ? Vous n'avez pas les moyens d'acheter des chocolats ? Tant mieux ! Positiver ! Le bon Sarkozy, Chat moine de Saint Jean des Latrines, vous évite la crise de foi foie...de quoi vous plaignez-vous ?!

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