lundi 31 décembre 2007
La récupération de la dénonciation des médias par les politiciens
Voyant passer le train de la civilisation qui se désintéresse des médias en raison de leurs mensonges et de leur désinformation obsessionnelle, les politiciens, après avoir pourri la presse, après l’avoir utilisée, manipulée, etc, maintenant que l’opinion publique perçoit l’arnaque, alors aussitôt le politicien de base s’empresse de participer à ces nouvelles clameurs avec les mots de ceux qui comprennent bien ce sujet.
Je ne sais pas comment « la presse » doit le prendre, mais il reste qu’elle aura acquit des réflexes qui seront longs à perdre, et que leur vision de l’information est destinée à rester la même jusqu’à la fin.
La presse dynamique qu’est internet, par opposition à la presse statique, est un flux d’informations plus rapide et puissant que les médias télé et presse, ce qui a fait naître les observations sur la désinformation. Sans elle cette désinformation ne serait pas apparue avec autant de force.
Je ne sais pas ce qui pousse encore la télé à diffuser la météo en boucle alors que cette information n’a pas plus de valeur qu’un widget, que la plupart auront installé si vraiment ils veulent la connaître. Ce n’est qu’un exemple de la manière dont les choses évoluent en direction du stérile quand elles ont été substituées par des méthodes plus efficaces. On entre vraiment dans une ère où il faut vouloir savoir pour entendre.
Alors dans le discours du politique apparaissent en mosaïques assemblées nerveusement des bribes d’expressions qui donnent l’air intelligent en les disant, avec leurs anciens réflexes fondés sur la puissance du slogan publicitaire. Ainsi aux yeux du politicien il paraît maintenant que les médias ont une vision manichéenne et simpliste des choses, qui en réalité sont plus complexes qu’il n’y paraît... ce qui justifiera dans la foulée du discours du politicien les lois les plus régressives qu’on ait jamais vues, bien évidemment.
On a l’impresion que quoi qu’on dise, comme des perroquets ils le récupéreront pour dire « justement voilà pourquoi nous avons raison ». Je pense qu’il faudrait commence à se méfier des gens qui utilisent les arguments des autres pour leur propre cause et aux dépends de ceux qui leur ont donné cet argument.
Et bien évidemment le travail des médias en entendant ce genre de récupération dans laquelle ils sont déshonorés, sera d’acquiescer en se disant « ah mais c’est vrai ce qu’il dit », pris de court par la surprise, étant donné que ces bribes de réflexion récupérées chez l’ennemi, n’étaient qu’à peine apparues aux oreilles de ces journalistes.
Le moins qu’on puisse tirer de cela c’est que si jamais par mégarde l’un d’eux oubliait à quel point les insultes qu’ils font des plus beaux arguments philosophiques peuvent être retournées contre eux, sport qu’ils pratiquent de façon déchaînée et systématique, c’est que les arguments qu’on pourra leur opposer seront déjà présents sur place comme des choses admises, il ne restera plus qu’à faire voir en quoi cela est applicable en vérité.
Autant quand je préconise de faire passer des tests psychotechniques aux dirigeants j’estime licite que chacun soit fait ou non pour un job, sans que cela ne soit insultant, en sachant que cela peut se mesurer plus ou moins scientifiquement, et cela paraît loufoque, par contre dans le creux de la société hallucinée il ne manque déjà pas de gens qui sont prêts à abuser de ce verbiage pour incessamment accuser les plus faibles des pires maux.
Autant une mesure qui est très minutieuse et difficile, pourrait et devrait être appliquée envers les dirigeants, autant cette même considération se transforme en jugements de valeurs dans la société et tend, très nettement, à construire peu à peu un monde totalitaire, où on appliquerait des critères soi-disant psychologiques à des gens innocents, fabriquant ainsi une nouvelle sorte d’exclusion, qui d’ailleurs est toujours salvatrice en temps de récession.
L’image selon laquelle on accuse quelqu’un avec des arguments qui ne sont que des bribes infondées de récupération de réflexions antérieures, qu’on l’enferme, on le met sous neuroleptiques et ensuite en le voyant apathique on se sent rassuré sur son diagnostique, est un peu ce qui arrive si jamais on laisse faire un processus dans lequel la dialectique est suffisante, en lieu et place de la logique, pour se figurer comment est la réalité en vérité.
dimanche 30 décembre 2007
Pouvoir d'achat : la goutte d'eau qui fait déborder le gaz
Le "gouvernement Sarkozy" (ainsi qu'on commence à l'appeler, le Premier ministre s'étant durablement évaporé) n'en menait déjà pas très large lors de la présentation du projet de loi sur le pouvoir d'achat. Après la décision, jeudi, d'autoriser une hausse des tarifs du gaz de 4%, qui frappera 7 millions de foyers à compter du premier janvier, son discours sur le sujet devient inaudible.
Depuis la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy ne parvient pas, sur cette question, à sortir de l'incohérence:
1. Sarkozy le candidat promet d'abord d'être "le président du pouvoir d'achat".
2. A peine élu, Sarkozy le président distribue du pouvoir d'achat, mais aux plus aisés: c'est le bouclier fiscal, la baisse de l'impôt sur les successions, le remboursement des frais de scolarité des enfants d'expatriés, etc.
3. Arrive l'hiver. Il met en route une loi sur le pouvoir d'achat, mais les caisses étant vides, il est contraint de recourir à une usine à gaz qui ne lui coûte rien, à base de "monétisation des RTT", "déblocage de la participation" et de "changement d'indexation des loyers". Il tergiverse au passage sur l'exonération de la redevance télé pour les retraités non imposables (que la majorité entendait initialement supprimer). Les députés recousent comme ils le peuvent le projet, pour le rendre plus présentables sous les lazzis des socialistes, qui jusque là hibernaient, aussi silencieux que François Fillon
4. Malgré des sondages catastrophiques sur la question, Sarkozy autorise l'augmentation de 4% des prix du gaz. Soit une cinquantaine d'euros d’augmentation sur la facture annuelle d’un foyer moyen.
Une décision motivée par les exigences des marchés
Le gouvernement pouvait-il faire autrement? La demande d'augmentation émanait de GDF, dont l'Etat est le principal actionnaire, avec 80% du capital. Le groupe avait demandé une hausse de 6%, sachant qu'il n'en obtiendrait qu'une partie. Une demande assez naturelle, et qui n'a rien d'exorbitant: les tarifs du gaz aux particuliers n'ont pas bougé depuis mai 2006, alors les coûts d'approvisionnement (qui suivent les cours du pétrole) ont explosé. Selon les dirigeants de GDF, sans ajustement, le groupe risquait de connaître des difficultés financières. Par ailleurs, une dégradation des comptes -et la chute des cours de l'action qui s'ensuivrait- menaçait de compromettre la fusion envisagée entre Suez et GDF... La politique des tarifs du gaz se fait aussi "à la corbeille".
La situation de GDF n'est pas catastrophique
Dans ce dilemme, quelle devait être, alors que le pouvoir d'achat est une préoccupation centrale des Français, la priorité de l'Etat ? Après tout, la situation de GDF n'est pas encore catastrophique, loin de là. La hausse des cours des hydrocarbures est en partie compensée par la baisse du dollar. Par ailleurs, comme le remarquent les associations de consommateurs, pour importer son gaz, GDF signe des contrats de fourniture de long terme, qui permettent de lisser les variations des prix. Au 1er semestre 2007, ses bénéfices s'élevaient à 1,51 milliard d'euros. Des bénéfices qui avaient augmenté de près de 30% par an en 2005 et 2006. De bons résultats dont les consommateurs n'ont pas vu la couleur.
samedi 29 décembre 2007
Les retraités maltraités
La FGR-FP publie ce communiqué de presse.
Les 13 millions de retraités français peuvent être en colère.
Beaucoup d’entre eux ignorent que les pouvoirs publics leur réservent une réduction de 0,5% de l’augmentation de leur pension du régime général ou de la Fonction Publique à partir du 1er janvier 2008. Comment peut-on en arriver à un tel calcul ? C’est tout simple du point de vue du gouvernement.
La hausse moyenne des prix (hors tabac) en 2007 a été fixée à 1,3% dans le rapport annexé au projet de budget 2008. A partir de ce choix politique on nous explique que les retraités ont été trop gâtés en 2007 : +1,8% de revalorisation des retraites depuis le 1er janvier 2007 contre une inflation attendue à 1,3% fin décembre = 0,5% de « trop perçu ». Il reste à reprendre cette somme en 2008 à partir d’une inflation prévue à 1,6% soit 1,6 – 0,5 = 1,1 ! Et voilà, le tour est joué, les 13 millions de retraités sont priés de se satisfaire d’une revalorisation réduite de 0,5%.
Il s’agit d’une véritable provocation lorsqu’on sait, grâce aux études des statisticiens que les dépenses contraintes représentent plus de la moitié des dépenses des retraités et que les pensions perdent chaque année 0,3% de pouvoir d’achat entre 1994 et 2004 selon le rapport du Conseil de l’emploi, des revenus et de la cohésion sociale (CERC).
D’autre part, l’inflation retenue est déjà largement dépassée sur de nombreux postes de dépenses particulièrement significatifs pour les retraités (variation sept 2006/septembre 2007 selon l’INSEE) : pain et céréales (+1,3%), viande (+2,0%), fruits (+7,4%), loyers (+3,3%), entretien et réparations courantes (+4,0%), eau et autres services (+4,3%), services postaux (+2,8%), journaux et périodiques (+2,0%)…
Il convient d’y ajouter, comme pour les autres citoyens, la hausse des dépenses de santé directes (divers forfaits, dépassements d’honoraires ou nouvelles franchises médicales), la hausse des cotisations des complémentaires santé, la hausse des dépenses d’énergie…
Pourtant, les retraités ne sont pas qu’un coût ! Ils sont des acteurs économiques à part entière de notre société : santé, aide à la personne, loisirs… D’autre part, ils sont des piliers incontournables de l’aide aux ascendants, aux enfants et petits-enfants et les acteurs essentiels, par leurs activités bénévoles, dans des milliers d’associations. Ils sont créateurs de liens sociaux comme ils restent créateurs de richesses.
Les 13 millions de retraités de notre pays ont eux aussi entendu quelques promesses ou lu les lettres de mission adressées aux ministres : « Vous engagerez… une réflexion sur notre appareil statistique, notamment l’indice des prix…, pour que les statistiques utilisées par le gouvernement pour définir sa politique présentent toutes les garanties et reflètent réellement la réalité vécue par les Français » ou bien encore « (vous examinerez) les conditions dans lesquelles les petites retraites et les pensions de réversion, devront être revalorisées pour mettre un terme à l’érosion du pouvoir d’achat subie par certains retraités ».
Nous ajouterons que c’est l’ensemble des retraités qui subit une érosion du pouvoir d’achat en raison de l’évolution du coût de la vie. Cette évolution des prix en 2007 sera différente de l’estimation officielle faite cet été : de nombreuses augmentations de prix sont intervenues au cours du 2e semestre 2007.
Nous demandons que l’augmentation des pensions pour 2008 soit revue à la hausse pour tenir compte de ces faits.
Comme la loi a prévu expressément une conférence sur la « revalorisation des pensions de vieillesse » avant la fin de cette année, c’est le lieu idéal de dialogue entre les partenaires sociaux et l’Etat. Nous entendons démontrer la nocivité du mécanisme retenu par le législateur pour revaloriser toutes les pensions, et exiger une correction de ce taux de revalorisation dès 2008 afin d’honorer l’engagement de garantir le pouvoir d’achat des retraites, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
vendredi 28 décembre 2007
Le livre de Sarkozy en Italie
jeudi 27 décembre 2007
Sarko faisait faire de bonnes affaires...
Parmi les affaires soulevées par le rapport d’observations définitives sur la commune d’Asnières sur Seine (1999-2006) de la Chambre régionale des comptes, il en est une fort explosive. C’est l’histoire de la vente en 2004 d’un immeuble situé sur la commune d’Asnières. En l’occurrence, la bâtisse du 51 avenue Flachat.
En début d’année, l’adjoint à l’urbanisme d’Asnières, Antoine Bary, qui a vent de la transaction envisage d’exercer le droit de préemption de la commune pour 2,2 millions d’euros. Mauvaise nouvelle pour le vendeur qui a trouvé un acheteur à 2,7 millions, (une commission de 129 000 euros est réservée à l’intermédiaire). Etrangement, note le rapport « la décision de préemption à 2,2 millions d’euros, pourtant signée par le premier adjoint au Maire n’a jamais été formellement transmise au vendeur ». Et tout bien réfléchi, le propriétaire de l’immeuble renonce à vendre. Bizarre également. « Selon la ville, le vendeur aurait entre temps renoncé à cette vente, en raison du prix trop bas offert par la ville, pris et préemption qui ne lui avaient pourtant pas été transmis », s’étonne-t-on à la Chambre des comptes…
Mais fin 2004, l’immeuble est cédé pour pour 2,55 millions d’euros. La ville ne préempte pas. C’est le ministère des Finances dirigé à l’époque par un certain Nicolas Sarkozy qui rachète l’immeuble pour y installer un hôtel des impôts.
Explosif, le rapport note que la transaction a donné lieu au versement d’« une commission de 121 992 euros hors taxe payée cette fois à la société dont M. Bary est un cadre dirigeant. Cette société a bénéficié d’une vente sur Asnières dans laquelle l’adjoint au maire chargé de l’urbanisme est intervenu de diverses façons, la renonciation par le vendeur à la première proposition d’acquisition ayant permis la réalisation de la seconde vente ». « Conflits d’intérêts », juge le rapport…
Encore plus explosif quand on sait qu’Antoine Bary est le fils de Louis-Charles Bary qui a succédé à Nicolas Sarkozy dans le fauteuil de maire de Neuilly…
mercredi 26 décembre 2007
Sarkozy, Bruni et Bolloré en Egypte : la tactique du rideau de fumée
La tactique du rideau de fumée comme théorie politique... "Gouverner, c'est choisir" disait Mendes-France. "Gouverner, c'est manipuler" dira peut-être Sarkozy dans une vingtaine d'années, sous le sceau d'un éclair de sagesse repentante.
Les conseillers en communication politique, aussi appelés "spin doctors" ou "éminences grises", sont aujourd'hui la pierre angulaire de notre démocratie. Dans la majorité ou l'opposition, ils participent très activement, mais toujours très secrètement, à l'activité politique. Les stratégies sont aussi diverses que variées : positiver l'image d'une personne, cosmétiser son discours, discréditer ses concurrents, désinformer, produire des événements, monter artificiellement des affaires pour défendre une cause ou pour en ruiner une autre...
La tactique du rideau de fumée fait partie de ces stratégies. Elle part d'un principe simple ; au lieu de subir l'actualité, mieux vaut alimenter soi-même la presse, pour orienter l´information. Sarkozy la pratique depuis des lustres. Il passe d'un sujet à un autre en permanence, multipliant à l'extrême les images et les discours, de telle façon que ses détracteurs ont à peine le temps de commencer à réagir qu'il est déjà passé à autre chose.
Lorsqu'une situation devient dangereuse, il faut passer à autre chose. Et lorsque c'est vraiment nécessaire, il faut lancer la polémique, une petite polémique qui accroche bien dans l'opinion, et qui fait oublier le reste, tout le reste.
Le jeudi noir des grèves d'octobre, juste avant la réalisation des sondages mensuels de popularité politique, il annonce son divorce. Et ça fait jaser. Est-ce public ou privé ? Privé ou public ? Et pendant tout ce temps, on ne parle plus des grèves. Avec un peu de chance, Sarkozy apparaîtra même comme un homme blessé par les attaques personnelles indignes concernant sa vie privée.
Le lendemain du départ de Kadhafi, et l'humiliation publique qu'il lui a asséné, après les révélations sur son double salaire (Cumul : Ministre de l'Intérieur et Président de la République), et juste avant la réalisation des sondages de décembre, Sarkozy amène sa chaude dulcinée à Disneyland sous les soleils crépitant des journalistes convoqués pour l'occasion. Le choc est immense, à Noël, on ne parle plus que de ça. Kadhafi ? Oublié. Même l'affaire de la HLM de Bolufer, pourtant encore bouillante, est renvoyée aux oubliettes.
Et aujourd'hui ? Histoire d'en rajouter une petite couche avant le nouvel an, Sarkozy se promène en Egypte bras-dessus bras-dessous avec Carla Bruni, certes, mais aussi et surtout avec Bolloré, dans son Jet privé... L'affaire est belle et éclatante, elle avait fait jaser des semaines entières après son élection, avec comme résultat un sondage sur mesure concluant que personne ne lui en tient rigueur. Elle refera jaser. Que Sarkozy, président de la république, accepte de très gros cadeaux d'un homme d'affaires tirant une partie de ses revenus de l'Etat devrait être un scandale. Mais Sarkozy et ses spin doctors l'ont relégué au rang de simple attaque personnelle infâme... et ça a marché. Alors pourquoi se gêner, au moment où les scandales se succèdent et où les sondages commencent à en tenir compte ? Refaire jaser... pour oublier le reste. On connait la fin de la pièce, on l'a déjà vu jouée.
Sarkozy rétorquera qu'il a le droit de prendre des vacances où il veut et avec qui il veut. Mais là, la ficelle est un peu grosse. Pourquoi ne pas faire ça en secret ? A ce que je sache, Sarkozy sait le faire, prendre des week-ends non médiatisés, c'est déjà arrivé quelques fois, et même à l'étranger. Mais ces vacances sont annoncées depuis la plus d'une semaine... Et puis avez-vous vu cette photo ? Prise à quelques mètres, très nette, sur le tarmac, avec l'immatriculation de l'avion bien en évidence, sans aucune mimique de désapprobation de la part de Sarkozy, qu'on a connu bien moins avenants avec les photographes indiscrets... une photo volée, sûrement...
"Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots" (Jean Jaurès)
Sarkozy s'est augmenté, mais voyage aux frais de Bolloré
On y est maintenant habitué, ce qui ne nous empêche pas de le relever: Nicolas Sarkozy aime les vacances luxueuses, et à moindres frais. Le dernier exemple date de ce mardi: le chef de l'Etat, accompagné de dix personnes dont Carla Bruni, s'est envolé pour quelques jours de farniente en Egypte à bord d'un jet privé -un Falcon 900- appartenant à Vincent Bolloré.
L'homme d'affaires français lui avait déjà mis son yacht à disposition, lors de sa controversée escale maltaise au lendemain de l'élection présidentielle. Un bateau de 60 mètres de long tous frais payés, drôle d'endroit pour Nicolas Sarkozy -avec Cécilia à l'époque- pour celui qui avait annoncé vouloir partir en "retraite" pour prendre la "mesure de sa charge".
La polémique ne l'avait pas empêché de se faire offrir un nouveau séjour par d'autres amis fortunés. Les époux Cromback (Tiffany) et Agostinelli (Prada) l'invitaient en août dans une villa de Wolfeboro aux Etats-Unis. Coût des vacances: 44000 euros, mais pas un sortant de la poche du chef de l'Etat. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il ne se cache pas, comme il l'avait déclaré en mai :
"Je n’ai pas l’intention de m’excuser, je ne vois pas où il y a de la polémique. Cela n’a pas coûté un centime aux contribuables."
Les socialistes raisonnaient, eux, d'une toute autre façon. En août, Arnaud Montebourg était même allé jusqu'à affirmer que cela ne le "gênerait pas que la République paie au Président des vacances même chères, pourvu que ce soit aux frais des contribuables". Car, selon lui, un "Président doit se situer au-delà des groupes de pression et des intérêts privés".
Afin de concrétiser la requête de son collègue, le député René Dosière, spécialiste des finances de l'Elysée, interrogé alors par Rue89, demandait dans la foulée une augmentation de la rémunération du chef de l'Etat pour qu'il soit en mesure "de tenir son rang" sans "être dépendant de tel ou tel ami" :
Nicolas Sarkozy n'avait pas tardé à satisfaire... à la revalorisation de son salaire. Courant octobre, l'Assemblée votait une augmentation de 172% de son salaire mensuel à 19.331 euros net. Mais pas question pour autant de se muer en vacancier plus dépensier et de se passer de ses riches amitiés : son ami Bolloré remet donc la main au portefeuille pour le transporter jusqu'à Louxor.
Direction le non moins luxueux Old Winter Palace, hôtel cinq étoiles dont la nuit dans l'une des six suites dépasse les 1100 dollars. En visite officielle en Egypte uniquement dimanche prochain, le prix du séjour devrait incomber au président français.
Une dépense que devrait pouvoir assumer celui qui a déclaré après son élection plus de deux millions d'euros de patrimoine personnel, et a conservé son salaire de ministre de l'Intérieur jusqu'au 31 décembre de cette année en plus de sa rémunération de chef de l'Etat.
Reste le coût du voyage en avion. Contactés par l'AFP, ni l'Elysée ni le groupe Bolloré n'ont souhaité faire de commentaire ce mardi. A Malte, tout avait été réglé par Vincent Bolloré qui, contrairement aux déclarations de Nicolas Sarkozy, vit notamment de commandes passées avec l'Etat Français.
mardi 25 décembre 2007
SARKOZY le monarque, la princesse et les pharaons
Le journal espagnol El Mundo vient de décerner à Sarkozy le titre d'homme de l'année. Un hommage qui devrait ravir « l'action man » en villégiature à Charm el-Cheikh.
Houspillé dernièrement en matière de relations internationales, il termine l'année 2007 par une visite officielle en Egypte, ou ses prédécesseurs (Mitterrand et Chirac) avaient conquis une aura certaine auprès de la communauté arabe. Car le ténor de la droite décomplexée, fervent partisan de la rupture, est en fait un envieux, parfois complexé à l'égard de ses ancêtres politiques. Mais c'est par la surenchère que Nicolas Sarkozy s'efforce d'évincer la politique d'hier.
Décrédibilisé le 15 octobre par son divorce avec Cécilia, le premier homme de France ne pouvait supporter pareille gifle à son image de winner, fut-elle indépendante de son personnage politique. Deux mois plus tard, tout souriant, il présentait alors Carla Bruni, l'élue de son cœur, à la nation. Comme tout prétendant habile, la semaine suivante il se met dans la poche l'hypothétique future ex-belle mère en la présentant au Pape. Une débauche de moyens à l'efficacité redoutable. Balayé les problèmes de pouvoir d'achat ou de l'encombrant Kadhafi. Prestigitateur es politique, Nicolas sort de sa manche un joli conte de Noel avec une magnifique princesse pour faire rêver la France, médias compris.
Admirateur des Etats-Unis, on compare le couple médiatico-politique Nicolas-Carla à John Fitzerald Kennedy et Marylin Monroe. En réalité, il s'assimile davantage aux strass de la principauté de Monaco. Loin du glamour de Grimaldi avec Grace Kelly, le couple bling-bling pourrait plutôt s'accaparer aux frasques des enfants du prince Rainier.
Les traditionnelles vacances présidentielles deviennent en effet une chasse de paparazzi pour débusquer les tourtereaux. Pauvre presse ! Mais à qui la faute ? A force d'user de son image privée, de sa famille, le président de la République est devenu un vulgaire people, amusant le peuple par son hyperactivité et sa vie sentimentale. Revendiquant l'héritage gaullien (visites à Colombey-les-deux-Eglises), Nicolas Sarkozy n'a gardé que la rigidité politique ; pour ce qui est de l'éthique ou de l'image de la France, il fait plutôt pâle figure. Bush ou Blair n'en faisaient pas tant. Truculence des coïncidences, ce même Tony Blair prend quelques jours sous le soleil égyptien, dans le même hôtel que Nicolas.
Apres Bonaparte, Nicolas fait sa campagne d'Egypte. Il sort le grand jeu à sa Joséphine : jet privé de son ami Bolloré, suite dans un palace hanté par d'illustres personnages, promenade nocturne au bord du Nil… La belle est conquise. On avance mêmes des dates de mariage… Le buzz fonctionne bien. Le secrétaire général du SNJ-CGT de France 3 ose dénoncer "un mélange des genres que […] les téléspectateurs comprennent de moins en moins" (sur France Inter puis repris dans Le Monde). L'opposition se borne à jouer les roquets sur les rapports complexes de cette droite décomplexée avec le milieu des affaires.
Sans tomber dans la naïveté primaire, le président de la république est constitutionnellement «garant de l'indépendance nationale» (Titre II, article 5), cette proximité avec quelques pouvoirs que ce soit s'assimile donc à des relations incestueuses. Prétexter la mission impérieuse de «VRP français» ou de «réformateur ami des patrons» pour finalement dévaloriser la fonction présidentielle et assouvir ses desiderata personnels en devient ridicule voir navrant.
Si les sondages semblent démontrer pour l'instant que les Français distinguent homme public et homme privé, la France n'en sort pas grandie. A multiplier les mélanges aux allures de compromissions, à vouloir jouer sur tous les tableaux pour montrer son dynamisme, la politique se résume à de l'esbroufe médiatique. Toute la classe politique en sort vaincue. En cette période de trêve des confiseurs, les Français ont de plus en plus de mal à avaler ce bonbon empoissonné.
Joyeux Noël
lundi 24 décembre 2007
La présidence sarkozy à Disneyland
Peut-on hasarder une hypothèse "iconoclaste" sur la communication de l’oligarchie au pouvoir ?
Sortons donc de la personnalisation inadéquate de la figure sarkosienne, sans nier évidemment que dans un système hiérarchique l’incarnation iconographique participe de la construction spectaculaire et intègre donc la "personnalité" de l’individu humain qui est mis sur le devant la scène.
Sarkozy n’est que la voix et l’image de cohortes nombreuses de professionnels de la communication formés par l’idéologie entreprenariale libérale au service de l’oligarchie.
Rien, absolument rien, n’est laissé au hasard dans la communication gouvernementale.
Identifier la vulgarité de la soi-disant liberté-modernité de moeurs du président-Mickey dans ce que son staff donne à voir et met en scène de ses relations amoureuses et financières, à la représentation de l’« esprit » 68 associé aux moeurs libres dépravés, est évidemment un contresens.
Ne mésestimons pas l’intelligence de l’ennemi. Ce qui ne veut pas dire que sa stratégie sera couronnée de succès. Ne mésestimons pas non plus l’intelligence du citoyen même s’il est confronté à un matraquage tout azimut.
La présidence sarkosienne est la dénomination de la face française de l’offensive libérale de l’oligarchie mondialisée, empreinte de morgue et de suffisance parce que sûre de sa force militaro-policiaro-financiaro-médiatique, qui développe son agressivité destructrice sur l’ensemble de la planète.
Ce qui veut dire qu’elle se déploie dans le même mouvement à l’extérieur comme à l’intérieur des frontières nationales qui ne constituent un horizon borné que pour la perception des peuples construite par le capitalisme national de l’étape précédente. L’oligarchie n’a aucune autre frontière que les résistances locales qui s’opposent à elle.
Les formes particulières que prend cette agressivité localement n’est que l’adaptation aux constitutions historiques de chaque territoire.
On peut appeler cette face française pétainisme comme le fait Alain Badiou. On peut teinter ce pétainisme de maffiosisme étant donné les liens organiques, non propres au gouvernement actuel, de notre classe politico-industrielle avec les maffias. Ce qui n’est pas spécifique à la France et pour cause, la maffia n’étant nationale elle aussi qu’en fonction de ses intérêts.
L’oligarchie dans sa face française n’a pas peur de 68 , sinon de manière générique comme le dit Marx en disant que la bourgeoisie est toujours en guerre, ce qui implique une vigilance permanente et active à la destruction de tout ce qui s’oppose à son hégémonie.
La présidence sarkosienne fait de la mise en scène de son agressivité autant dans les relations extérieures, l’amoralité étant une forme de l’agressivité, que dans les relations intérieures un outil de son offensive guerrière, et nous mène donc à la guerre. Étant entendu, bien sûr, que la politique de mise en scène masque la politique « concrète » de guerre pour laquelle tous les moyens de terrorisation sont bons.
Il s’agit donc de conditionner la population à l’acceptation de la guerre.
La casse des repères idéologiques en est un des moyens. Il s’agit dans cette perspective de générer une confusion des esprits sur les valeurs et la peur bestiale au sens propre de l’oppression.
Le mensonge éhonté (plus c’est gros...) et le dire tout et son contraire font partie de la méthode.
L’épisode de Disneyland en est une illustration. Le choix du temple de la beaufitude (infantilisation des adultes, acculturation des enfants) et du mannequin vedette de la gauche caviar peut être lu de ce point de vue.
La bourgeoisie est organiquement vulgaire par la réduction philosophique de l’homme à ses purs intérêts économiques et à son mode de vie. Vulgaire dans ses rapports à la religion, à la morale, à l’amour, à la sexualité, à la culture, etc..
C’est ce qu’exprime la présidence sarkozy à Disneyland en y étalant ses frasques sexuelles. Mais en y associant une figure dite de "gauche" (sic !), cela provoque en plus un effet de confusion.
Ça marche ou ça ne marche pas. Qu’importe ! Il y a tant d’autres occasions. Ils "jouent" sur tous les "fronts".
Plutôt que l’indignation habituelle de la petite bourgeoisie de "gauche", ce que l'on trouve amusant mais surtout révélateur, c’est l’approbation des cathos intégristes à la Boutin qui auraient sorti leur arsenal de haine rétrograde si ça avait été Ségolène Royal à la place de Sarkozy. La présidence sarkosienne méprise tout le monde et n’a de plaisir que dans l’abaissement des autres. Le puissant larbinise le monde et hait les larbins.
Cette pratique est un autre élément de la méthode. Par exemple avec les journalistes dont l’avilissement larbinesque n’est utilisé que lorsqu’il sert. Après avoir exposé sa relation dysnalisée de façon a être répercuté par les journalistes, à la question d’une journaliste sur cette médiatisation, Sarkozy peut répondre, méprisant : « mais c’est vous qui médiatisez, moi, je ne fais pas de commentaires ».
Il avait fait le même coup en tant que ministre de l’intérieur aux flics de Toulouse en leur faisant exposer leurs méthodes de proximité (le fameux match de rugby policiers-jeunes) à l’incitation de son attachée, pour leur balancer devant les caméras que ce n’était pas le rôle de la police.
Si l’on peut se dire que les larbins n’ont que ce qu’ils méritent, il n’empêche que ce sont des méthodes de terrorisation qui préparent insidieusement l’ensemble des hiérarchies institutionnelles à se transformer en bourreaux nazis. Ce système ne se nourrit que de haine et de trouille.
On peut être fondés à qualifier ce dont la présidence sarkosienne est le nom de fascisme.